Zurich: Prière du Vendredi saint, la Fédération suisse des communautés israélites réagit

Un « pas en arrière »

Zurich, 10 février 2008 (Apic) La Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) à Zurich a qualifié de « pas en arrière » par rapport au Concile Vatican II la nouvelle version de la prière du missel tridentin pour le Vendredi saint. Interrogé par l’Apic, Alfred Donath, président de la FSCI, a rappelé que le Concile Vatican II a reconnu la religion juive comme ayant toute sa valeur.

« Maintenant on entend de nouveau dans la version extraordinaire de la liturgie du Vendredi saint que les juifs doivent reconnaître le Christ comme Messie », relève-t-il, et c’est très « troublant ». Le professeur genevois reconnaît cependant que la nouvelle version représente une atténuation de la forme préconciliaire de la liturgie du Vendredi saint.

Selon les modifications voulues par Benoît XVI, la prière pour les juifs ne contient plus les passages demandant à Dieu de « soustraire ce peuple de ses ténèbres » et de « l’aveuglement ». Ces passages de la dernière version en vigueur de la messe tridentine étaient fortement contestés dans les milieux juifs. Mais il reste toujours un appel à la conversion des juifs.

Le Grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, a ainsi fait part de son mécontentement dès le lendemain de la publication de la nouvelle version le 5 février. Il a affirmé que le maintien de la formule demandant de façon explicite la conversion des juifs « remet en question des décennies de progrès » dans le dialogue entre les deux religions. A ses yeux, cette prière constitue « un obstacle à la poursuite du dialogue entre juifs et chrétiens ». La nouvelle prière appelle toujours à prier « afin que Dieu et notre Seigneur illumine » le coeur des juifs et afin qu’ils « connaissent Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes ».

Le cardinal Walter Kasper, président de la Commission pontificale pour les relations avec le judaïsme, a estimé que la nouvelle prière pour la conversion des juifs du missel tridentin n’était pas « un obstacle au dialogue ».

« Nous pensons raisonnablement que cette prière ne peut devenir un obstacle au dialogue, parce qu’elle reflète la foi de l’Eglise et du reste, les juifs aussi ont dans leurs textes liturgiques des prières qui ne nous plaisent pas à nous, chrétiens », a ainsi estimé le cardinal Kasper. « Cela doit être accepté et respecté dans la diversité ».

Fondée en 1904, la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) est l’organisation faîtière des communautés juives de Suisse. Elle assume la représentation politique des juifs de Suisse. Ses tâches sont notamment d’établir des contacts avec les autorités fédérales, les églises, les institutions, les médias ainsi que diverses organisations juives de par le monde. (apic/pem/ak/be)

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