Les mouvements islamistes appellent à la mobilisation

Sénégal: Vague d’indignation dans le pays suite à des cas de mariages d’homosexuels

Dakar, 10 février 2008 (Apic) Les organisations religieuses du Sénégal ce sont déclarées choquées par la montée en puissance de l’homosexualité dans le pays. Des cas de mariages gays ont été rapportés la semaine dernière par un journal people sénégalais, «Icône», avec photos à l’appui. L’article a suscité indignation et réprobation dans le pays, amenant la police à interpeller les personnes reconnues, avant de les libérer «pour raison de sécurité»».

Vivement indignées, la Coalition des associations islamiques du Sénégal (CAIS), composée de 15 membres, a appelé les dirigeants musulmans à ne pas rester indifférents face à cette situation.

Sus aux ennemis de la foi et de la morale

«Nous interpellons solennellement tous les croyants, chefs religieux, dirigeants d’associations islamiques, imams, oulémas et prédicateurs du pays à éviter toute attitude d’indifférence face aux assauts répétés de ces ennemis de la foi et de la morale», ont-ils indiqué en visant les homosexuels. Ces derniers ne se gênent plus pour «agresser, à visage découvert, les valeurs sacrées qui fondent notre foi religieuse, et qui constituent l’essence même des vertus de réserve, de pudeur et de dignité».

Tout en apportant son soutien au directeur de publication et rédacteur en chef du journal qui a reçu une menace de mort après la publication de l’article illustré du mariage homosexuel, la CAIS, a condamné avec «la plus extrême fermeté, ces actes répréhensibles, tant au niveau de la foi que de la morale tout court «.

Selon le collectif, depuis quelques années, «des lobbies homosexuels» mènent une offensive tous azimuts pour «déstabiliser la société, en imposant des contre-valeurs qui heurtent nos consciences et notre foi religieuse». D’autres voix se sont également jointes à la CAIS. Elles se sont particulièrement fait entendre lorsque les auteurs présumés du mariage homosexuel ont été libérés par la police.

Alors que pour protester contre ces libérations, de nombreux imams ont axé leurs sermons du vendredi sur cette affaire, l’imam de la grande mosquée de Dakar, El hadj Ismaël Diène, a estimé qu’il n’y avait pas besoin de consacrer un sermon à l’homosexualité. Ce point de vue est aussi celui de l’Eglise catholique. Interrogée par la radio privée dakaroise, «Sud FM», l’abbé Adolphe Faye, vicaire général à la cathédrale de Dakar, a indiqué que l’Eglise catholique ne reconnaît pas cette pratique et n’a pas besoin d’y consacrer une homélie.

Mbaye Niang, député islamiste et fondateur d’un petit parti fondamentaliste, le Mouvement de la réforme pour le développement social (Mrds), a fait part de son intention d’organiser une tournée de sensibilisation des chefs religieux sur l’homosexualité. Il propose une marche de protestation contre la dépravation des moeurs qui s’est encore illustrée à travers le mariage d’homosexuels. Il a appelé «à la vigilance et à l’intransigeance» de tous les Sénégalais pour que la loi soit appliquée par ceux qui doivent le faire. La loi sénégalaise interdit l’homosexualité, punie par une sanction de un à cinq ans d’emprisonnement pour ses auteurs et d’une amende de 100’000 à 150’000 francs CFA (250 à 360 Frs).

Face à ces nombreuses critiques et condamnations, de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme du Sénégal et de l’étranger ont apporté leur soutien aux homosexuels. Dans un communiqué signé notamment par la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), l’Organisation nationale des droits de l’Homme (ONDH), l’Union interafricaine des droits de l’Homme (UIDH), Amnesty international Sénégal (AI), ont dénoncé la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal.

Cette répression, estiment-ils, pénalisent des relations qui «relèvent de la vie privée» et «contrevient aux dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, en vigueur au Sénégal depuis 1978». Celui-ci stipule en son article 17 (1) que «nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes illégales à son honneur et à sa réputation». C’est aussi une «loi discriminatoire, contraire aux dispositions de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples qui stipule en son article 3 que «toutes les personnes bénéficient d’une totale égalité devant la loi», ont rappelé encore ces organisations. (apic/ibc/be)

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