Italie : Après l’irruption de la police dans un hôpital où une patiente avait avorté
Rome, 14 février 2008 (Apic) Le cardinal Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé, a rappelé que l’avortement était «toujours un fait objectivement grave», mais que la «dignité de l’être humain» devait «être protégée». Ces propos s’inscrivent dans le contexte de la violation de la sphère privée dans un hôpital napolitain.
Dans l’entretien qu’il a accordé au quotidien italien La Repubblica, le 14 février 2008, le cardinal Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé, s’est exprimé sur la question de l’avortement, dans un contexte tendu en Italie actuellement. Le 12 février 2008, la police italienne a en effet fait irruption dans un hôpital de Naples pour interroger une femme qui venait de subir un avortement thérapeutique. Un appel anonyme reçu par la police avait dénoncé cet avortement comme illégal.
A ce propos, le cardinal Lozano Barragan estime que «l’Eglise combat le péché, mais ne se fixe pas pour objectif de ’frapper’ les pécheurs». A ses yeux, si «l’avortement est toujours un fait objectivement grave», la «dignité de l’être humain doit être protégée». Ainsi, «violer ou ne pas violer l’intimité d’une personne dépend de la loi, mais la législation doit être fondée sur les droits humains», a-t-il ajouté.
Moratoire sur « le massacre des innocents »
L’événement intervient dans un climat tendu en Italie. Le 18 décembre dernier, l’idée d’un moratoire sur l’avortement avait été lancée lors d’une émission télévisée, par le directeur du quotidien conservateur italien Il Foglio, Giuliano Ferrara. Cet appel d’un proche de Silvio Berlusconi et journaliste d’opinion était intervenu le soir même de l’adoption par les Nations Unies d’une résolution en faveur d’un moratoire sur la peine de mort. Le lendemain, Il Foglio publiait l’appel de son directeur en vue d’un «moratoire sur le massacre des innocents».
Une revendication devenue aujourd’hui un argument de campagne en vue des élections législatives du 13 et du 14 avril, puisque Giuliano Ferrara a pris la tête d’une liste « en faveur de la vie ». Selon La Repubblica, si la hiérarchie ecclésiastique apprécie l’ouverture d’un débat sur ce thème, «elle ressent le besoin de se démarquer du ’ton exagéré’ de Giuliano Ferrara. (apic/imedia/ms/vb)
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