Rome : L’interprétation de Mgr Ravasi sur la nouvelle prière pour la conversion des juifs
Rome, 15 février 2008 (Apic) Nouvelle prière pour la conversion des juifs: il ne s’agit pas d’une stratégie missionnaire de conversion, estime Mgr Ravasi.
Le président du Conseil pontifical pour la culture, Mgr Gianfranco Ravasi, est revenu sur les modifications apportées par Benoît XVI à la prière pour la conversion des juifs de la liturgie du Vendredi saint du missel tridentin. Selon lui, on ne doit pas parler « d’une stratégie missionnaire de conversion ». A ses yeux, c’est là une « expression d’affection » pour des personnes considérées comme « proches et chères », a-t-il estimé le 14 février 2008 dans L’Osservatore Romano.
Le 5 février 2008, le pape avait rendu publique sa décision de modifier cette prière, y retirant les appels contestés à « soustraire ce peuple de ses ténèbres » et de « l’aveuglement » mais invitant toujours à prier « afin que Dieu et notre seigneur illumine » le « coeur » des juifs et afin qu’ils « connaissent Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes ».
« Nous le répétons: ceci est la vision chrétienne et c’est l’espérance de l’Eglise qui prie », a ainsi expliqué Mgr Ravasi. « Ce n’est pas une proposition d’adhésion théorique ni une stratégie missionnaire de conversion ». « C’est l’attitude caractéristique de l’invocation priante selon laquelle on espère pour les personnes que l’on considère proches, chères et significatives, une réalité qu’on retient précieuse et salvatrice ». « Bien sûr, cela doit toujours advenir dans le respect de la liberté et des différents parcours que l’autre adopte », a continué le président du Conseil pontifical pour la culture. « Mais c’est une expression d’affection de souhaiter à son frère ce que tu considères comme un horizon de lumière et de vie », a-t-il ajouté.
Pour Mgr Ravasi, « c’est dans cette perspective que l’Oremus en question, dans sa limite d’usage et dans sa spécificité, peut et doit confirmer notre lien et le dialogue » avec les juifs. Et de citer le prière du vendredi saint selon la liturgie du Missel de Paul VI : l’espérance commune et ultime est que « les juifs à qui Dieu a parlé en premier (.) progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité de son Alliance », a-t-il conclu.
Suite à la modification de cette prière, la communauté juive dans le monde avait fait part de son mécontentement. En Italie, l’Assemblée des rabbins avait demandé « une pause de réflexion dans le dialogue avec les catholiques afin de comprendre vraiment quelles sont leurs intentions », regrettant ce qu’ils considéraient comme « inacceptable » : « une idée du dialogue ayant pour finalité la conversion des juifs au catholicisme ».
La Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) à Zurich avait pour sa part qualifié de « pas en arrière » par rapport au Concile Vatican II la nouvelle version de la prière du missel tridentin pour le Vendredi saint (apic/imedia/arch/ms/pr)
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