Le pape exprime sa préoccupation pour la situation politique

Rome : Benoît XVI appelle le Liban à la réconciliation nationale

Rome, 17 février 2008 (Apic) Le pape Benoît XVI a appelé dimanche les Libanais à la réconciliation nationale. Plusieurs milliers de pèlerins ont participé, Place Saint-Pierre, à la traditionnelle prière de l’Angélus. Le pape a ainsi exprimé une nouvelle fois sa «préoccupation» pour la situation au Liban toujours dans l’attente de la désignation de son chef de l’Etat.

«Je suis avec préoccupation les manifestations persistantes de tensions au Liban», a ainsi déclaré le pape à l’issue de la prière de l’Angélus. «Depuis presque trois mois, le pays ne réussit pas à se doter d’un chef de l’Etat. Les efforts pour résoudre la crise et le soutien offert par de nombreux représentants de premier plan de la communauté internationale, s’ils n’ont pas encore donné de résultat, démontrent l’intention de trouver un président pour tous les Libanais et posent ainsi les fondements pour dépasser les divisions existantes», a commenté le pape.

Pour Benoît XVI « malheureusement », les motifs de préoccupation ne manquent pas, en particulier à cause d’une inhabituelle violence verbale ou de ceux qui appuient directement leur confiance dans la force des armes et dans l’élimination physique de leurs adversaires.

«Avec le patriarche maronite et tous les évêques libanais, je vous demande de vous unir à ma prière à Notre-Dame du Liban, afin que les citoyens de cette chère nation, et en particulier les hommes politiques, soient encouragés à travailler avec ténacité en faveur de la réconciliation, à un dialogue vraiment sincère, à une cohabitation pacifique et au bien d’une patrie profondément ressentie comme commune», a conclu le pape.

La diplomatie du Saint-Siège participe depuis plusieurs mois aux tentatives de résolution de la crise libanaise afin de trouver une issue à l’élection d’un président. Mais les tensions nationales ont jusqu’à présent empêché de trouver un compromis valable pour cette élection et la formation d’un gouvernement d’union nationale. Le Liban, qui traverse sa crise la plus grave depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), n’a plus de président de la République depuis le 24 novembre. Le Parlement a reporté 14 fois la séance destinée à l’élire.

Le 14 février à Beyrouth, pour le troisième anniversaire de l’assassinat de l’ex-premier ministre Rafic Hariri, les rassemblements de la majorité parlementaire appuyée par Washington et Ryad, et de l’opposition, pour manifester contre l’élimination d’un leader, conduite par le Hezbollah soutenu par Damas et Téhéran ont mis en lumière la profonde fracture du Liban, divisé en deux camps presque impossibles à concilier. La différence d’avec la période de la guerre civile est que la division n’est plus uniquement confessionnelle mais politique et régionale. Le 16 février, les affrontements entre ces deux factions ont fait trois morts. (apic/imedia/hy/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-benoit-xvi-appelle-le-liban-a-la-reconciliation-nationale/