Indépendance du Kosovo: Le Saint-Siège appelle à la prudence et la modération
Rome, 18 février 2008 (Apic) Le Saint-Siège a appelé les responsables politiques de la Serbie et du Kosovo à « la prudence et à la modération » après la proclamation d’indépendance unilatérale de la province Serbe, dans l’après-midi du 17 février.
Une « note » du Père Federico Lombardi, directeur de Radio Vatican et du Bureau de presse du Saint-Siège, a été publiée peu après « la déclaration unilatérale d’indépendance » du Kosovo, invitant les « gouvernants » et les « populations » au « sens de la responsabilité ».
Affirmant suivre « avec grande attention » les événements en cours au Kosovo, a indiqué la note du père Federico Lombardi, « le Saint-Siège (.) souhaite vivement que, dans ce moment délicat, le sens de la responsabilité et l’esprit de paix prévalent sur tout autre comportement, que ce soit de la part des gouvernants ou de celle des populations impliquées ».
Fort de « sa mission morale et spirituelle », le Saint-Siège a invité « les responsables politiques de la Serbie et du Kosovo à la prudence et à la modération, demandant un engagement décisif et effectif pour éviter les réactions extrémistes et les dérives violentes ». Selon la note, qui souligne « la contribution très importante de la communauté internationale », « la volonté politique et la flexibilité » doivent pouvoir permettre de « trouver une solution définitive et consensuelle sur le statut juridique du Kosovo ».
La déclaration diffusée sur Radio Vatican a indiqué qu’il conviendrait d’être « particulièrement attentif à la protection de la démocratie et de l’état de droit ». Elle a précisé qu’au « Kosovo aussi les normes internationales du respect du droit des minorités et de tous les habitants devront être appliquées, sans distinction d’ethnie, de religion, de langue ou de nationalité ». Il conviendra par ailleurs de veiller sur « la protection du patrimoine artistique culturel chrétien précieux ».
L’indépendance du Kosovo « s’appuie sur la base des recommandations contenues dans le plan du médiateur des Nations unies », a encore indiqué le Père Lombardi, affirmant que, devant la « situation nouvelle » créée par l’indépendance du Kosovo, le Saint-Siège « devra évaluer les demandes éventuelles qui pourront lui parvenir à ce sujet ».
Dans sa déclaration, le père Lombardi est également revenu sur l’attitude du Saint-Siège durant la crise au Kosovo en 1999, soulignant ainsi les interventions du Vatican « autant au niveau diplomatique qu’au niveau humanitaire pour rappeler les principes dont doivent s’inspirer les rapports entre les peuples et pour promouvoir l’assistance aux réfugiés ». Ensuite, a rappelé la note, « le Saint-Siège s’est activement engagé en faveur de la stabilité et de la paix dans la région, en soutenant une approche qui ait pour but d’éviter des solutions imposées et favorise ainsi les négociations directes entre Belgrade et Pristina ».
Le Directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a enfin précisé que Benoît XVI « continue de considérer avec affection les populations de Serbie et du Kosovo, il leur est proche et les assure de ses prières à ce moment crucial de leur histoire ».
Envoyée à la presse moins de deux heures après la déclaration d’indépendance du Kosovo, la déclaration du Père Lombardi a été présentée comme une « note » rédigée à l’intention de Radio Vatican, dont il est directeur. « Il ne s’agit pas d’un communiqué du Bureau de presse » a-t-il aussi été souligné même si la déclaration a indiqué avec précision la position du Saint-Siège.
Le 21 février prochain, Benoît XVI recevra en audience le nouvel ambassadeur de Serbie près le Saint-Siège, Vladeta Jankovic, venu lui présenter ses lettres de créance. Jusqu’alors conseiller diplomatique du premier ministre serbe Vojislav Kostunica, il est aussi l’un des leaders du parti démocrate de Serbie qui a vaincu les élections du 3 février dernier, guidé par le chef de l’Etat sortant, le pro-occidental Boris Tadic. (apic/imedia/ami/pr)
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