Rome : Publication de l’instruction « Sanctorum Mater »
Rome, 18 février 2008 (Apic) La Congrégation pour les causes des saints invite à faire preuve de plus de rigueur dans les enquêtes diocésaines. Avec ce document, présenté lundi à Rome, la Congrégation souhaite aussi «favoriser une collaboration plus étroite et plus efficace entre le Saint-Siège et les évêques».
Dans l’Instruction « Sanctorum Mater » rendue publique le 18 février, la Congrégation pour les causes des saints, en expliquant le déroulement précis d’une enquête diocésaine, a invité les évêques à faire preuve de rigueur. Le document, qui vise à «clarifier» les dispositions déjà en vigueur, à en «faciliter leur application» et à «indiquer leur mode d’exécution», a été signé par le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le 17 mai 2007.
L’Instruction Sanctorum Mater entend donc «clarifier les dispositions des lois en vigueur pour les causes des saints, faciliter leur application et indiquer leur mode d’exécution, aussi bien pour les causes récentes que pour les causes anciennes». Elle s’adresse ainsi «aux évêques diocésains» et à «ceux qui participent à la phase de l’instruction de l’enquête». Avec ce document, la Congrégation souhaite aussi «favoriser une collaboration plus étroite et plus efficace entre le Saint-Siège et les évêques».
Concrètement, avant d’entreprendre la cause, «l’évêque devra procéder à certaines vérifications déterminantes pour prendre sa décision», notamment en ce qui concerne la réputation de sainteté ou de martyre qui doit être «spontanée et non pas procurée artificiellement».
Après avoir décidé d’entreprendre la cause, l’évêque «mettra en route l’enquête proprement dite, en donnant l’ordre de recueillir les preuves documentaires de la cause». «Le succès de la cause dépend pour une large part de la qualité de son instruction», souligne le document. Pour cela, l’évêque «ne doit pas confier de charge à des personnes appartenants au même institut, à la même société ou à la même association que le serviteur de Dieu». Le document mentionne aussi la possibilité de transférer le dossier dans un «autre diocèse» pour des «motifs particuliers».
Rigueur
Au cours de la phase préliminaire de la cause, «l’évêque vérifiera et évaluera si l’acteur n’a commis aucune fraude ou tromperie», souligne aussi l’Instruction Sanctorum Mater. Le document invite aussi à l’objectivité, invitant le postulateur à «ne pas cacher» à l’évêque «l’éventuelle découverte d’éléments contraires à la réputation de sainteté ou de martyre». Le postulateur est ainsi invité «à rechercher la vérité avec conscience et honnêteté».
«Si n’apparaissent pas de difficultés insurmontables, on procèdera à l’audition des témoins», continue l’Instruction. Au cours des interrogatoires pour le rassemblement des preuves, on conseille de poser des questions «brèves», «qui ne doivent pas être insidieuses, ni sournoises». «On ne doit pas admettre le témoignage d’un prêtre en ce qui concerne tout ce dont il est venu à connaissance par le sacrement de la confession», souligne aussi le document.
L’Instruction Sanctorum Mater traite aussi le cas des «médecins qui ont soigné la personne guérie» et qui «refusent d’être interrogés». «Ils peuvent préparer (.) un rapport écrit sur la maladie et son évolution», amis «dans le cas où il refuserait aussi de préparer un rapport écrit», l’évêque pourra nommer une personne pour «recueillir les témoignages desdits médecins».
Mise en garde
En ce qui concerne les enquêtes sur les miracles présumés, l’Instruction met aussi en évidence certains éléments de la procédure qui, au cours de ces 20 dernières années, se sont révélés problématiques dans l’application des normes relatives à ces mêmes enquêtes sur les miracles.
L’Instruction de la congrégation pour les causes des saints invite aussi à surveiller qu’un serviteur de Dieu ne soit pas «l’objet d’un culte ecclésiastique public sans l’autorisation préalable du Saint-Siège». Elle attire l’attention sur les églises où «il est extrêmement important de toujours s’abstenir de tout acte qui puisse conduire les fidèles à penser erronément que le début de l’enquête comporte nécessairement la béatification et la canonisation du serviteur de Dieu».
Enfin, le document évoque aussi des réglementations concernant le «culte des reliques», dont «l’authenticité» et «la conservation» reviennent à la Congrégation pour les causes des saints. «Pour garantir une meilleure conservation des reliques d’un saint ou d’un bienheureux, il peut apparaître nécessaire d’effectuer sur celles-ci des traitements particuliers».
Le 29 septembre 2005, la Congrégation pour la cause des saints avait déjà promulgué de nouvelles normes en ce qui concerne la célébration des béatifications, entérinant le choix de Benoît XVI fait dès le début de son pontificat. Il avait alors souhaité ne plus célébrer lui-même les cérémonies de béatification. Il s’agissait d’un retour aux pratiques liturgiques d’avant 1971. (apic/imedia/ms/pr)
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