Sur les valeurs de la vie

Rome: Le président du Conseil pour la famille pour un dialogue avec les non-croyants

Rome, 20 février 2008 (Apic) Le président du Conseil pontifical pour la famille est favorable à un dialogue avec les non-croyants sur les valeurs de la vie. Il est en effet possible de «dialoguer avec les non-croyants», sur des thèmes comme l’avortement, les limites de la science, le caractère sacré de la famille, a estimé le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, dans une interview à «L’Osservatore Romano», le 19 février 2008.

Le cardinal colombien s’est aussi exprimé dans le quotidien du Vatican au sujet des personnes divorcées, soulignant leur «appartenance» à l’Eglise. «Nous avons pu, de très nombreuses fois, dialoguer avec succès avec des non-croyants sur la valeur sacrée de la vie, sur des sujets liés à la famille», a ainsi estimé le cardinal Lopez Trujillo, alors que le Conseil pontifical pour la famille organise un congrès qui se tiendra avant l’été 2008 en République Dominicaine. Près de 300 hommes politiques et légistes y sont attendus pour mener une réflexion sur les lois sur la vie en vigueur.

Pour le cardinal colombien, il est possible de ne pas voir toute la vérité, mais on peut voir suffisamment de vérité sur les valeurs de l’homme, même si celle-ci n’est pas aussi pleine, aussi intégrale. «C’est le présupposé dont il faut partir». Et de relever qu’il y a de nombreux intellectuels qui disent: " nous n’avons pas la foi, mais nous sommes structurellement dans la pensée du pape en ce qui concerne au moins les présupposés minimums de l’humanisme», a-t-il continué. «C’est pour cela que l’Eglise croit en la possibilité d’un dialogue et invite des hommes politiques et des législateurs». C’est ce que demande Benoît XVI qui a encouragé cette vision, a-t-il ajouté.

Concernant l’Eglise, a-t-il poursuivi, beaucoup ne veulent pas lui reconnaître un rôle de conscience morale, de référence essentielle et par-dessus tout, de protectrice majeure de la dignité humaine. Mais ce dernier rôle «ne peut pas être joué en dehors de l’Eglise, autrement on arriverait à un suicide, à cette ’peste blanche’ qui touche l’Occident parce que les valeurs morales partagées n’existent plus».

Le cardinal considère que la situation en Europe est «effrayante»

«En Europe, la situation est effrayante: je suis récemment allé dans les parlements de République Tchèque, Pologne, Portugal (.) Ils m’invitent et nous avons le devoir de dialoguer», a-t-il affirmé.

S’exprimant ensuite sur le problème des personnes divorcées, le président du Conseil pontifical pour la famille a estimé qu’elles «appartiennent à l’Eglise et doivent être accompagnées avec miséricorde et avec amour, par-dessus tout quand il y a des enfants». Cela ne veut pas dire que l’Eglise accepte cette situation, insiste-t-il.

L’Eglise cherche depuis des années des moyens spécifiques pour convaincre ou persuader que les personnes divorcées remariés «ne peuvent pas recevoir l’eucharistie». «Mais en même temps il faut leur dire: vous êtes catholiques, vous pouvez aller à la messe et participer à certaines actions de l’Eglise, initiatives de charité et de prière», a-t-il ajouté. Pour le cardinal Lopez Trujillo, «les époux en difficulté ne doivent pas sentir l’Eglise absente et intolérante, marâtre, mais mère». «Et cela est possible». (apic/ms/be)

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