Brésil : Des prêtres demandent au pape de revoir la question du célibat des prêtres
Sao Paulo, 21 février 2008 (Apic) La question du célibat des prêtres est plus que jamais d’actualité. Des prêtres brésiliens ont demandé à l’Eglise catholique de trouver des alternatives au célibat obligatoire.
Dans une lettre adressée au pape Benoît XVI, au terme de la 12e rencontre brésilienne des prêtres, qui s’est achevée mardi au monastère d’Itaci, près de Sao Paulo, ces prêtres proposent au Vatican l’ordination d’hommes mariés, mais aussi la réintégration des prêtres aujourd’hui mariés après avoir été dans l’obligation d’abandonner leur sacerdoce.
Le document a été approuvé mardi au Brésil par 430 représentants de 18’685 prêtres de 9’222 paroisses de tout le pays.
Les prêtres ne suggèrent pas l’abolition totale du célibat « qui continuera à être une option. Ce document sera donné à la Congrégation pour le clergé présidée au Vatican par le cardinal brésilien Claudio Hummes, ancien archevêque de Sao Paulo et présent à Itaci. Ce dernier a déjà déclaré que ces demandes « allaient à l’encontre » des normes en vigueur au sein de l’Eglise et que celle-ci « n’avait pas l’intention de les changer ».
Le document des prêtres brésiliens arrive alors qu’en Allemagne, les déclarations de Mgr Robert Zollitsch, archevêque de Fribourg-en-Brisgau et nouveau président de l’épiscopat allemand, sur le célibat sacerdotal, provoquent de vives controverses au sein de l’Eglise catholique en Allemagne. Le Comité central des catholiques allemands (ZdK) et le mouvement de la base « Nous sommes Eglise » se sont solidarisés avec le nouveau président de la Conférence épiscopale allemande, contrairement à l’évêque de Ratisbonne, Mgr Gerhard Ludwig Müller, qui s’est distancé de Mgr Zollitsch.
Le lien entre la prêtrise et le célibat n’est pas une nécessité du point de vue théologique, avait en effet estimé Mgr Robert Zollitsch dans une interview publiée le week-end dernier par le magazine allemand « Der Spiegel ». Il a cependant souligné que le changer serait l’affaire d’un nouveau Concile, pas d’un pays en particulier.
Un débat loin d’être clos
Le dogmaticien de Ratisbonne Wolfgang Beinert, 74 ans, estime pour sa part que le débat sur le célibat des prêtres n’est de loin pas terminé, même si certains aimeraient considérer le débat comme clos. Le célibat des prêtres, ordonné par le pape Grégoire VII au 11ème siècle, ne se trouve pas dans les Ecritures saintes, a-t-il poursuivi, et il s’agit d’une prescription disciplinaire, pas d’un dogme.
Fin novembre 2006, le cardinal Dario Castrillon-Hoyos admettait pour sa part dans la préface de la seconde édition en français du livre « Les origines apostoliques du célibat sacerdotal », écrit par le père jésuite Christian Cochini, que le célibat des prêtres était «une discipline» et non «un dogme». Le préfet émérite de la Congrégation pour le clergé, estimant qu’elle «aidait» les prêtres à vivre leur ministère sacré.
Des actes de désobéissance ont lieu un peu partout, y compris en Afrique. En février dernier, l’évêque du diocèse de Mbuji-Mayi, au Kasaï Oriental, en République démocratique du Congo, avait suspendu, pour une période d’une année, cinq prêtres de leurs activités sacerdotales pour avoir violé leur statut de célibat. En décembre 2006, l’archevêque dissident Emmanuel Milingo avait ordonne trois prêtres mariés, défiant à nouveau le Vatican. Fait surprenant, au Portugal, pays catholique s’il en est, une écrasante majorité de Portugais se dit favorable au mariage des prêtres Selon une enquête publiée il y a quelques mois, 80,3% de la population, soit 4 Portugais sur cinq, disaient leur désir de voir le Vatican permette le mariage des prêtres. Seuls 15,5% y étaient opposés, alors que 4,2% affirmaient ne pas avoir d’opinion sur le sujet. Selon l’enquête, réalisée à la demande du quotidien «Correio da Manha», 74,6% des «sondés» se déclaraient catholiques pratiquants. (apic/ag/arch/pr)
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