Ils mettent en garde contre les luttes intestines

Liban: Les chefs religieux musulmans s’inquiètent de la montée de la violence

Beyrouth, 22 février 2008 (Apic) Les chefs religieux musulmans s’inquiètent de la montée de la violence au Liban. Ils ont mis en garde jeudi contre les luttes intestines qui ravivent le souvenir de la guerre civile. La semaine dernière, des affrontements entre jeunes chiites et sunnites ont fait une quinzaine de blessés dans des quartiers musulmans mixtes de Beyrouth.

Alarmés par la montée de la violence intercommunautaire, les trois principaux chefs religieux musulmans du Liban ont lancé le 21 février un appel au calme et ont proscrit la guerre intestine que se sont dernièrement livrée de jeunes chiites et sunnites. Ils ont appelé au calme et à l’élection sans tarder du général Michel Sleimane, un maronite, comme «président d’entente».

La présidence libanaise est vacante depuis le 24 novembre, après l’expiration du mandat d’Emile Lahoud, le Parlement ayant échoué à maintes reprises à élire son successeur. Le chef de l’armée libanaise Michel Sleimane a été pressenti pour devenir le nouveau président de la République, mais son élection bute sur un conflit de pouvoir entre la majorité anti-syrienne et l’opposition proche de Damas et Téhéran.

Le sommet religieux islamique s’est tenu au siège du Conseil supérieur chiite (CSC) et a réuni le vice-président du Conseil supérieur chiite, Abdel-Amir Kabalan, le mufti de la République, Mohammad Rachid Kabbani, et le cheikh Akl druze, Naïm Hassan, rapporte vendredi le quotidien francophone beyrouthin «L’Orient-Le Jour».

Une réunion interreligieuse souhaitée

«A nos fidèles à Beyrouth et partout ailleurs, nous disons: ’Il est interdit de vous battre’. Nous disons aux hommes politiques: ’Ayez pitié de ce peuple ! Nous ne sommes pas contre vous, mais contre votre discours crispé et querelleur’», a déclaré Abdel-Amir Kabalan.

A l’issue de la réunion, cheikh Kabalan a affirmé que le sommet islamique extraordinaire de jeudi est «nécessaire en ces heures critiques et difficiles» pour dire aux communautés libanaises que les luttes intestines sont proscrites, ainsi que les atteintes aux établissements commerciaux et aux domiciles des uns et des autres.

Le dignitaire religieux chiite a déclaré regretter que ce sommet religieux ne soit pas, d’emblée, islamo-chrétien, «afin d’aborder avec le sérieux et l’objectivité adéquats la question des luttes intestines opposant des Libanais entre eux». Il a ajouté qu’une telle réunion interreligieuse se tiendra quand les circonstances s’y prêteront, ajoutant que les religieux musulmans et chrétiens doivent agir ensemble «pour éteindre les flammes de la discorde». (apic/orj/be)

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