L’archevêque dénonce le système de la grâce présidentielle

Guatemala : Condamnés à mort

Guatemala Ciudad, 24 février 2008 (Apic) Dans un document intitulé « Nous revenons au temps de Néron » l’archevêque de Guatemala, le cardinal Rodolfo Quezada Toruño, est intervenu sur la récente décision du Parlement national de rétablir le recours à la grâce présidentielle pour les condamnés à mort.

En rétablissant le recours à la grâce présidentielle, le parlement guatémaltèque a réinstauré de fait la peine capitale, suspendue depuis 2000 en raison d’un vide juridique. C’est là la réaction du cardinal Rodolfo Quezada Toruño, archevêque de Guatemala, a été accompagnée de vives critiques de la part des organisations de défense des droits de l’homme

Dans un pays qui, 11 ans après la fin d’une longue guerre civile (1960-1996) soldée par plus de 200’000 victimes, a enregistré au cours de la seule année 2007 – selon les statistiques du ministère de l’Intérieur – 4’620 meurtre, « l’approbation par le Parlement du recours à la grâce présidentielle représente pour beaucoup un grand pas en arrière »

L’agence catholique MISNA a recueilli les propos de Mario Polanco, directeur du « Grupo de Apoyo Mutuo » (Gam), organisation qui rassemble les parents des personnes détenues et disparues pendant la guerre.

Si la plupart des Guatémaltèques sont favorables à la peine de mort – à cause de la violence et de l’insécurité, nous soutenons avec force que la peine capitale est un échec total, un pur acte de barbarie ». Selon Nery Rodenas, membre du Bureau des Droits de l’homme de l’archevêché, « le Guatemala est l’un des rares pays d’Amérique latine où la peine de mort existe. Le Guatemala devrait au contraire s’en tenir aux obligations internationales qu’il a contractées par le biais du Pacte de San José, qui prévoit qu’à la place des condamnations à mort l’on mette en place des mesures destinées à l’abolir ».

Dans le document du cardinal Quezada Toruño – dont le texte intégral a été publié par le quotidien « La Hora » et sera distribué bientôt, selon la presse, dans toutes les églises du Guatemala -, il est souligné : « Les inventions diaboliques que l’homme a créées au fil des siècles pour supprimer un autre être humain sont incroyables. De l’eau est passée sous les ponts de l’histoire depuis cette maudite mâchoire d’âne, propriété du premier Caïn, jusqu’à la tristement fameuse injection fatale conçue « humainement » pour que le condamné ne souffre pas trop en mourant. Sans compter l’un des pires tourments inventés par l’homme pour tuer : la croix. Il est pleinement prouvé que la peine de mort n’est pas du tout dissuasive, contrairement à ce que certains pensent, sans fondement. Dans les lieux où elle existe encore, les meurtres continuent, même le jour des exécutions. Elle relève en l’occurrence de la démagogie postélectorale : satisfaire de manière injuste la juste indignation des parents des victimes ». Et l’erreur judiciaire, s’interroge l’archevêque. Avec un système de justice aussi malade et rachitique, tel que le nôtre au Guatemala, serait-ce le seul pays où les juges ne peuvent pas se tromper ?

Mgr Rodolfo Quezada Toruño, avait déjà déclaré qu’« au Guatemala la vie humaine ne vaut rien ». Il dénonçait dénonce « la culture de mort et ses fruits, comme l’exploitation de l’homme, l’indifférence pour la souffrance, la violation des lois morales et des droits de l’homme, les menaces pour la vie humaine » (apic/misna/fides/vb)

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