Elections en Espagne et en Italie : la question religieuse s’invite au débat
Madrid, 25 février 2008 (Apic) La question religieuse s’invite dans le débat en vue des élections législatives le 9 mars en Espagne et les 13-14 avril en Italie. Dans ces deux pays, la campagne électorale est marquée par des polémiques autour de l’implication des catholiques dans le débat politique, indique le quotidien « La Croix ».
Alors que la campagne électorale pour les élections du 9 mars vient de s’ouvrir officiellement vendredi, l’Espagne suit avec intérêt la polémique entre le gouvernement socialiste et la hiérarchie catholique. Elle a surgi le 31 janvier, avec la publication d’une note de la Conférence épiscopale : « Une société qui veut être libre et juste ne peut pas reconnaître explicitement ni implicitement une organisation terroriste comme représentant politique d’aucun secteur de la population, ni ne peut l’avoir comme interlocuteur politique », affirment les évêques dans ce document.
Ce passage a provoqué la colère du gouvernement socialiste de José Zapatero, qui a riposté : « Ce qui est immoral, c’est que les évêques, comme le PP (Parti populaire, droite, dans l’opposition), utilisent le thème du terrorisme à des fins de campagne électorale. » Le gouvernement s’est senti attaqué directement sur ses négociations avec l’ETA pour tenter de trouver une solution au conflit.
« Cette note, ainsi que le rassemblement sur la famille fin décembre, a cassé quelque chose au moment où les relations avec le Saint-Siège s’arrangeaient, notamment à travers l’ambassadeur d’Espagne près le Saint-Siège, dont le secrétaire d’État nous avait assuré qu’il n’y avait pas de contentieux avec l’Espagne », affirme Carlos Garcia de Andoin, coordinateur fédéral des chrétiens socialistes, cité par « La Croix ».
Avec 78,7 % de catholiques dans l’électorat socialiste dont 33 % de pratiquants, le gouvernement espagnol sait qu’il doit agir avec prudence pour ne pas heurter les convictions de son électorat.
Opportunisme politique
En Italie, selon une recherche effectuée par Alessandro Amadori, directeur de la société Coesis Research, 33 % des sondés estiment que la droite menée par Silvio Berlusconi représente mieux la voix des catholiques, contre 12 % pour le centre gauche guidé par Walter Veltroni, tandis que 41 % n’ont pas d’opinion, écrit encore le quotidien catholique français. Mais nombre d’électeurs catholiques refusent d’être récupérés par la droite
Pour le politologue bolognais Gianfranco Pasquini, « l’Italie souffre de l’opportunisme de certains politiques mais aussi d’une partie de l’Église » qui, affirme-t-il, « cultive les conflits pour ne pas perdre sa visibilité et risque, ainsi, de diviser encore davantage les catholiques ». (apic/cx/vd/aln/pr)
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