Brésil: Les meurtres de journalistes mettent en danger la liberté de la presse
Sao Paulo, 29 février 2008 (Apic) Les assassinats de journalistes créent au Brésil un sentiment d’insécurité, qui met gravement en danger la liberté de la presse. C’est ce qu’affirme le magazine « Imprensa » dans sa dernière édition.
Depuis la fin de la dictature militaire, dans les années 80, au moins 42 journalistes sont morts à la suite d’une attaque. Et plus de la moitié de ces meurtres ont été mandatés par des politiciens qui ont été l’objet de critiques dans la presse de la part de la victime.
Un sondage effectué par « Imprensa » auprès d’étudiants en journalisme montre que personne parmi eux n’envisage une carrière de journaliste d’investigation, par crainte des représailles. Le magazine brésilien rappelle le cas du reporter Amaury Ribeiro, qui a signé en 2007 une série d’articles sur la terreur perpétrée par des bandes de crime organisé contre les habitants des bidonvilles. Il a été victime d’une attaque, dont il s’est sorti avec de graves blessures.
Autre cas cité par « Imprensa » : En 1985, le correspondant à Rio de Janeiro de la chaîne de TV allemande ARD, Karl Brugger, a été assassiné au raison de ses reportages d’investigation.
Selon Sergio Murillo Andrade, président de l’association des journalistes brésiliens, les crimes sont favorisés par une « culture de l’impunité ». Des politiciens, gros propriétaires fonciers et membres des forces de police manipulent les informations selon leur propre intérêt. Les tueurs à gage en Amazonie demandent 15% de plus pour le meurtre d’un journaliste que pour celui d’un prêtre par exemple.
En raison de l’augmentation des actes de violence contre les journalistes, l’organisation « Reporters sans frontières » a déclassé l’an dernier le Brésil du 75e au 84e rang dans la liste des pays respectant la liberté de la presse. Le taux d’élucidation des meurtres n’y atteint pas 5%. (apic/kna/job/bb)
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