Philippines : un Mennonite se sert du café pour contribuer à la paix dans son pays natal
La Trinidad, Philippines, 3 mars 2008 (Apic) C’est pas le biais du café qu’un missionnaire mennonite philippino-canadien espère contribuer à l’édification de la paix aux Philippines, qu’il a quittées il y a vingt ans. Autour d’une tasse ou en prônant le commerce équitable aux cultivateurs locaux.
Un mennonite philippino-canadien, qui menait une vie confortable à Vancouver, au Canada, est retourné dans son pays natal, qu’il a quitté il y a vingt ans. «Ma famille et moi jouissions d’une paix relative au Canada, mais c’est agréable d’être de nouveau chez soi et de contribuer avec plaisir à l’édification de shalom ou salam (la paix) dans notre pays, en particulier à Mindanao». C’est ce qu’a déclaré le pasteur Daniel Pantoja, qui dirige la Peacebuilders’ Community (Communauté de batisseurs de la paix), une équipe mennonite implantée aux Philippines.
Lorsque leurs trois enfants ont terminé leurs études et qu’ils sont devenus indépendants, le pasteur Pantoja et son épouse, Joji, sont retournés aux Philippines en 2001 pour voir ce qu’ils pouvaient faire pour aider à installer la paix dans le pays de leurs racines, a expliqué le pasteur au correspondant de l’agence oecuménique du COE, ENI.
Depuis 2005, ils sont installés dans la ville de Davao, dans le sud de l’île de Mindanao, où ils ont fondé la Peacebuilders’ Community.
Cette île est connue pour les affrontements qui ont lieu entre les forces armées des Philippines et le Front de libération islamique moro, un groupe rebelle séparatiste.
La Peacebuilders’ Community possède un centre pour la paix, emploie des collaborateurs de terrain, organise des dialogues interreligieux (entre chrétiens, musulmans et «Lumads», peuple autochtone de Mindanao), propose des services de recherche et de bibliothèque, coordonne des circuits d’apprentissage de la paix et offre une orientation multiculturelle pour les bénévoles internationaux. Il a créé le Coffee for Peace (Café pour la paix), un bistrot qui permet de générer un revenu durable pour les collaborateurs oeuvrant à la paix et à la réconciliation sur le terrain.
«Le café est important parce qu’à chaque fois que des représentants du Front de libération islamique moro et de l’armée des Philippines prennent un café dans notre centre, ils n’ont pas d’accrochage entre eux pendant le reste de la journée», a expliqué le pasteur Pantoja lors d’une réunion à La Trinidad, capitale de la province de Benguet, à quelque 300 km au nord de Manille.
Le pasteur Pantoja et une équipe de son organisation se trouvaient à La Trinidad les 21 et 22 février pour expliquer aux cultivateurs de café comment prendre le contrôle de leur produit grâce aux principes du commerce équitable. «Au début, nous servions du café instantané», se rappelle-t-il. «Mais cela nous a frappé d’un coup … pourquoi ne servions-nous pas notre propre café ?»
La demande de café fraîchement moulu dans le café du centre a conduit le pasteur Pantoja et ses collaborateurs à ne pas seulement utiliser les grains de café arabica des B’laan, peuple autochtone de Mindanao, mais aussi à les aider à comprendre les principes du commerce équitable.
Selon le pasteur, aider les cultivateurs de café à tirer le meilleur parti de leur arabica est une manière, pour la Peacebuilders’ Community, de donner du pouvoir aux B’laan. Ces autochtones ont pour beaucoup d’entre eux, souvent été déplacés à la suite d’affrontements entre soldats gouvernementaux et rebelles.
Pour le pasteur Pantoja, les rencontres de paix et les séminaires qu’il organise au sein de la population de Mindanao se fondent sur les principes chrétiens d’amour, de pardon, de réconciliation et de responsabilité. Par ailleurs, les cultivateurs locaux de café peuvent par ce biais trouver des marchés de commerce équitable au Canada pour leurs produits. (apic/eni/vb)
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