Genève : Prix « Femme exilée, femme engagée »
Pour l’Apic, Michel Bavarel
Genève, le 6 mars (APIC) Créé en 2001 pour rendre hommage à des femmes de toutes nationalités que les circonstances ont amenées à s’exiler en Suisse, le prix « Femme exilée, femme engagée » 2008 a été décerné jeudi 6 mars à Genève. Outre les huit lauréates, originaires d’Éthiopie, d’Iran, d’Équateur, du Congo (RDC), du Chili, du Rwanda, du Pérou et de Mongolie, une Valaisanne, soeur Marie-Rose Genoud, a reçu un « prix d’honneur ».
Enseignante ursuline, Marie-Rose Genoud a pris une retraite anticipée en 1997 pour accompagner les requérants d’asile du Valais romand. Pourquoi ce choix ? « Ils étaient les moins aimés », dit-elle. Elle a assuré une permanence dans le cadre de Caritas-Valais – qu’elle a quitté depuis – et surtout s’est mise à rendre visite aux requérants dans les foyers qui les hébergent ou à leur domicile, partageant leurs joies et leurs soucis.
C’est ainsi qu’elle a découvert des erreurs dans les retenues effectuées sur les revenus des requérants exerçant une activité lucrative. Des personnes lésées ont osé se défendre, grâce à la présence à leur côté de Marie-Rose Genoud qui, depuis 1998, mène un combat opiniâtre pour que justice leur soit rendue, avec le soutien de nombreuses personnalités de différents horizons politiques et religieux.
Aujourd’hui, une partie des irrégularités ont été reconnues par les autorités, mais, déplore soeur Marie-Rose, l’argent n’a pas encore été restitué aux travailleurs et travailleuses lésés.
Par ailleurs, le prix « Association » a été attribué à la Halte Femmes d’Emmaüs-Genève qui assure un accueil respectant son anonymat à toute femme en difficulté. Actuellement, 18 femmes, la plupart sans statut légal, vivent à la Halte Femmes, « dans une atmosphère familiale, empreinte de chaleur humaine ».
Aller de l’avant et se battre
« Vouloir c’est pouvoir, mais il y aura des difficultés. Alors il faut aller de l’avant et se battre ». Telle est la devise de l’une des huit lauréates, Entisar Abdurahman-Ebrahim, d’origine éthiopienne. Arrivée en Suisse à l’âge de 16 ans, à la suite de l’enlèvement et de l’assassinat de son père, à cause de son engagement politique, Entisar a dû surmonter d’énormes obstacles pour obtenir un diplôme de dessinatrice en machines. Mise finalement au bénéfice d’un permis B, mariée, elle occupe maintenant un emploi stable dans une entreprise de haute technologie du canton de Neuchâtel.
Mariana Analuisa Cruz, Équatorienne sans statut légal, travaille comme femme de ménage et garde d’enfants dans l’agglomération lausannoise. Face aux difficultés que lui vaut cette absence de statut, elle s’est engagée dans une activité militante, notamment au sein du Collectif vaudois de soutien aux sans-papiers et du Forum des étrangères et étrangers de Lausanne. Toutes les lauréates ont ainsi dû se remettre debout, survivre à la précarité et à l’humiliation et se reconstruire. Voilà qui vaut bien un prix ! (apic/mba/pr)
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