Le cardinal Danneels plaide pour l’idéal chrétien de la famille

Sion : 12ème Festival des familles au Collège des Creusets

Jacques Schouwey, Apic

Sion, 9 mars 2008 (Apic) Sur le thème «L’Esprit habite en en vous», le 12ème Festival des familles du diocèse de Sion a réuni dimanche 9 mars de très nombreuses familles venues de la partie romande du canton. Présidé par la cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines Bruxelles, il a permis aux jeunes et moins jeunes de réfléchir sur le sens fondamental de la famille chrétienne.

La messe concélébrée par Mgr Danneels, Mgr Brunner, évêque de Sion, le cardinal Henri Schwery, Mgr Joseph Roduit, abbé de Saint-Maurice, Mgr Benoît Vouilloz, prévôt du Simplon, et plus d’une dizaine de prêtres, a permis au cardinal belge de mettre en lumière la signification de l’Evangile de la résurrection de Lazare. Ce récit invite les chrétiens à regarder en avant, vers ce qui va advenir, la Résurrection, la «seule, la vraie, celle que le Christ a vécue». La résurrection de Lazare n’est qu’une figuration ou une «répétition générale» de celle du Christ. L’évêque a insisté sur la distinction claire à établir entre la résurrection, qui est «le coeur même de la foi chrétienne», et la «résurrection sécularisée» qui tente nombre de contemporains sous le vocable de réincarnation. Cette dernière, comme la résurrection de Lazare, est un enchaînement à l’espace et au temps et ne libère pas de la mort. C’est plus une punition qu’une délivrance. Si la résurrection est celle de la chair comme le dit le credo, il s’ensuit, pour le prélat, un respect dû au corps mortel qui est le nôtre: comme la semence donnera le jour à la belle fleur, le corps mortel donnera le jour au corps spirituel.

Animée par le secteur pastoral de Martigny, la célébration eucharistique s’est terminée par l’exposition du Saint-Sacrement dans la chapelle du Collège où le groupe des amis de Saint Padre Pio a assumé la présence de l’adoration durant la journée. Moments de partage et d’amitié, le repas et les multiples activités organisées pour les enfants constituent, aux yeux des responsables de la pastorale des familles, des instants privilégiés d’échange sur les joies et difficultés des couples et familles.

La famille: une cellule menacée qu’il faut défendre

Dans son propos de l’après-midi, la cardinal Danneels a rappelé que la famille, cellule de la société humaine, n’est pas une communauté parmi d’autres, mais celle voulue par Dieu. C’est lui qui donne l’époux à l’épouse et réciproquement. Avant d’être sentiment et passion, l’amour du couple est décision: celle d’aimer l’autre, de se décentrer pour vouloir le bien de l’autre. C’est la décision «d’accepter l’autre comme autre et de le libérer pour qu’il devienne de plus en plus lui-même». Mettre l’autre au centre, c’est renoncer au narcissisme et cela suppose une véritable conversion du coeur.

Si la famille est lieu de joie et de bonheur, il arrive de plus en plus souvent qu’elle subisse des crises, parfois insurmontables. La tâche de l’Eglise consiste alors à rappeler l’idéal de la famille chrétienne «comme fondement de la vie telle que Dieu l’a voulue.» Mais Mgr Danneels insiste sur le fait que rappeler l’idéal ne signifie pas oublier ceux qui ne peuvent le réaliser: célibataires, «handicapés de l’amour», couples sans enfants, divorcés, divorcés remariés. En cas d’échec du couple, la tentation du désespoir est grande, et l’isolement des personnes devient vite lourd à porter. Le prélat demande que l’Eglise sache faire preuve de compréhension faces à ces détresses, ce qui n’équivaut pas à une permissivité. Il rappelle que l’indissolubilité du mariage n’est pas une invention de l’Eglise, mais une alliance semblable à celle que Dieu a fait avec les hommes, qui suppose fidélité. Il insiste pour que l’Eglise n’annonce pas seulement la doctrine ou la loi, mais aussi et surtout la grâce que Dieu offre à tout homme. Pour lui, l’Eglise doit, comme le pasteur, porter sur ses épaules «les brebis blessées que sont les divorcés remariés». C’est à la communauté chrétienne de leur venir en aide, pour surmonter les souffrances qu’engendre inévitablement toute séparation. En conclusion, il appelle à prendre garde aux grands perdants des divorces: les enfants. JS

Encadré :

Le cardinal Godfried Danneels, un « progressiste »

Le cardinal belge Godfried Danneels, né en 1933, est archevêque de Malines Bruxelles depuis 1980, après avoir été évêque d’Anvers pendant 3 ans. Fait cardinal en 1983 par Jean Paul II, il est considéré comme progressiste, et figurait parmi les papabili en cas de victoire du clan des progressistes au conclave de 2005. Président de la conférence épiscopale de Belgique et membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il défend des positions nuancées en morale: ainsi s’il défend l’abstinence, il accepte l’utilisation du préservatif comme moyen de lutte contre le sida. Ou encore, il considère l’homosexualité comme un fait de nature ne relevant pas d’un choix. Il défend, en outre, un rôle accru des femmes au sein de la hiérarchie ecclésiastique et prêche une décentralisation de l’Eglise. Rapporteur du synode extraordinaire convoqué par Jean Paul II pour célébrer le vingtième anniversaire de la clôture du Concile Vatican II en 1985, Mgr Danneels participe en 2005 à l’élection de Benoît XVI.

Comme ses prédécesseurs, le cardinal Danneels a développé la tradition oecuménique. C’est le cardinal Mercier qui patronna de 1921 à 1926 les Entretiens de Malines, un premier dialogue entre Anglicans et Catholiques. Depuis lors, ont régulièrement lieu des rencontres entre le diocèse anglican d’York et le diocèse de Malines – Bruxelles. En raison de la présence de la tombe du cardinal Mercier, la cathédrale de Malines est régulièrement visitée par des délégations oecuméniques et des services de prière oecuméniques y sont organisés.

En tant qu’évêque de Malines – Bruxelles, le cardinal Godfried Danneels partage la responsabilité du plus grand diocèse de Belgique (2’425’000 habitants) avec 3 évêques auxiliaires. Chaque année, il publie deux lettres pastorales à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. L’adage épiscopal de Godfried Danneels est «Apparuit humanitas Dei nostri» – «L’amour pour les hommes de notre Dieu nous est apparu» (Tite 3,4). Cet adage est un plaidoyer pour un authentique humanisme chrétien.

Encadré :

La pastorale de la famille dans le diocèse de Sion

Le Service diocésain de la pastorale de la famille du diocèse de Sion a pour but d’accompagner les fiancés qui se préparent au mariage, de favoriser l’épanouissement de familles chrétiennes et d’aider les familles blessées ou déchirées, et cela, dans la partie francophone du diocèse. Ce service dispose d’une offre de formation et d’accompagnement très large. Il anime également des temps forts. Ce service s’est développé dans la mouvance du Triennat de la Famille lancé en 1990 par le cardinal Henri Schwery.

Trois ateliers constituent les piliers de l’action pastorale: le premier est appelé à former et à soutenir les groupes de préparation au mariage. Le but est de permettre aux couples de se mettre véritablement en face de leur engagement et d’approfondir le dialogue dans le couple. Le deuxième atelier se consacre à l’accompagnement des couples après le mariage. Offrant des week-ends de formation à l’écoute pour mieux dialoguer dans le couple et en famille, il a pour but de permettre aux couples de vivre des temps de ressourcement. Le dernier atelier est chargé de réfléchir à l’accompagnement des personnes en difficultés, divorcés et divorcés remariés.

A côté des ateliers, des temps forts sont proposés aux familles pour leur donner de vivre des temps de réflexion et d’approfondissement de leur foi: le Festival des Familles, un week-end en Famille avant l’école à l’Hospice du Simplon, ou des montées vers Pâques à l’Hospice du Simplon et au Bouveret. (apic/js/bb)

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