Rome: Le cardinal Tauran insiste sur le principe de réciprocité de la part des musulmans
Rome, 11 mars 2008 (Apic) Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a souligné la nécessité du principe de réciprocité dans le dialogue avec les musulmans.
S’exprimant le 11 mars 2008 lors d’une rencontre de l’Iscom à Rome, le cardinal français a aussi évoqué l’ »heureuse erreur » (’felix culpa’) du discours de Ratisbonne de Benoît XVI. Cet incident a montré la nécessité de consolider le dialogue avec l’islam.
Evoquant la visite au Vatican, les 4 et 5 mars, d’une délégation musulmane en vue d’organiser en novembre, à Rome, le premier « Forum catholico-musulman », le cardinal Tauran a souligné l’importance du principe de réciprocité. Dans son intervention à l’Iscom (Institut pour les communications sociales de l’Opus Dei), il a relevé que pour les chrétiens, c’est un principe de base. « Nous sommes cohérents. Si les musulmans ont le droit de pratiquer leur propre foi ici, nous aussi nous demandons d’avoir le même droit dans les pays arabes », a-t-il expliqué.
La lettre des 138 musulmans doit avoir une suite concrète, a affirmé le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Il a ainsi donné quelques détails sur le déroulement du futur « Forum catholico-musulman ». Le Saint-Siège a souhaité développer une structure permanente se réunissant tous les deux ans, et une fois par an en comité restreint, en alternance au Vatican et dans un pays arabe.
En novembre prochain se retrouveront au Vatican une vingtaine de représentants musulmans pour discuter du thème « Amour de Dieu, amour du prochain », a-t-il affirmé. Dans le forum, qui se conclura par une audience du pape, a-t-il poursuivi, des chiites comme des sunnites seront présents.
Nécessité d’un « dialogue à trois » avec les juifs
Le cardinal Tauran a également évoqué la leçon magistrale de Benoît XVI à l’Université de Ratisbonne, le 12 septembre 2006, qui avait déclenché une violente polémique dans le monde musulman. Il a ainsi qualifié ce discours « d’heureuse erreur » (’felix culpa’) qui a « déclenché la nécessité de consolider le dialogue avec l’islam ».
Mais le dialogue à deux, entre catholiques et musulmans, devrait devenir un dialogue à trois, c’est-à-dire avec les juifs, même si pour le moment il semble difficile d’inviter aussi les juifs, a-t-il laissé entendre, avant d’insister: « tôt ou tard, cela devra advenir ».
Le prélat français s’est également dit confiant et optimiste quant à la nécessité d’un dialogue interreligieux pour le futur. « Le dialogue interreligieux est un pèlerinage et un risque », a-t-il affirmé. Enfin, interrogé sur l’idée lancée par l’archevêque de Canterbury, Rowan Williams, primat de l’Eglise anglicane, d’introduire dans le droit anglais quelques aspects de la charia, la loi islamique, le cardinal Tauran a souligné qu’il s’agissait d’une erreur parce qu’il y a là une incompatibilité avec la loi civile. (apic/imedia/ms/be)
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