Les évangéliques montent au créneau pour défendre les chrétiens

Algérie: les autorités suspendent les activités de deux communautés protestantes

Alger, 17 mars 2008 (Apic) Les autorités préfectorales algériennes ont suspendu deux communautés protestantes de Tizi Ouzou (Kabylie, est) jusqu’à ce qu’elles reçoivent un «certificat de conformité» pour l’exercice de leur culte, selon l’Eglise protestante d’Algérie.

. Le 16 mars, les autorités algériennes ont suspendu l’ activité de deux communautés protestantes, l’Eglise de la Nouvelle Ville et de Tafath (Lumière), et l’Eglise protestante de Larbâa Nath Irathen. qui ne totalisent pas 1’000 fidèles en attendant de recevoir un «certificat de conformité» pour l’exercice de leur culte. Les églises concernées existaient avant l’entrée en vigueur de la loi de 2006 et l’application à leur encontre du texte aurait «un caractère rétroactif inacceptable», pour l’Eglise protestante d’Algérie.

Depuis février 2006 une loi régissant le culte non musulman est appliquée extrêmement rigoureusement en Algérie et place bon nombre de communautés chrétiennes dans des situations d’exercice du culte particulièrement difficiles, voir impossibles. D’autre part, les chrétiens sont régulièrement stigmatisés dans des médias, ils y sont aussi accusés d’un prosélytisme qui est même assimilé à du terrorisme. L’exercice du culte non musulman, reconnu par la Constitution, est soumis à une autorisation préfectorale et doit être accompli dans des lieux autorisés par le ministère des Affaires religieuses.

La situation fait suite à la radiation de deux instituteurs algériens de confession chrétienne et à la condamnation début 2008 à un an d’emprisonnement avec sursis d’un prêtre catholique français d’Oran. Il lui était reproché d’avoir animé un culte auprès de migrants clandestins camerounais. Le tribunal a assimilé cette action à du prosélytisme.

Une vive polémique oppose depuis plusieurs semaines responsables religieux musulmans et dignitaires chrétiens, accusés de prosélytisme.

La méfiance des autorités algériennes vise selon les observateurs surtout l’Eglise évangéliste, récemment implantée dans le pays, et qui compterait quelque 50.000 adeptes.

Les autorités avaient auparavant refusé de renouveler le titre de séjour du pasteur américain Hugh Johnson, 74 ans, ex-président de l’Eglise protestante d’Algérie, à la retraite depuis 2006. Alger lui a demandé quitter le territoire avant le 11 mars. Le recours du pasteur a abouti. Le pasteur Johnson n’est plus contraint de quitter l’Algérie. La Cour constitutionnelle algérienne a annulé, lundi 10 mars, la décision d’expulsion du pasteur Hugh Johnson. À l’annonce de cette nouvelle, le pasteur Johnson a exprimé à nouveau sa reconnaissance pour le soutien que toutes les Églises d’Algérie lui ont manifesté. Il veut voir dans cette décision un signe d’espoir pour les chrétiens en Algérie.

La Fédération protestante de France (FPF) alerte périodiquement l’opinion sur la situation des chrétiens d’Algérie. Selon l’Alliance Evangélique Suisse (AES) leur nombre ne dépasse vraisemblablement pas les 11000. Dans son courrier adressé le 21 février dernier à l’Ambassadeur d’Algérie à Berne, Kamel Houhou, le groupe de travail pour la liberté religieuse (GLR) de l’Alliance évangélique suisse (AES) dénonce le traitement scandaleux infligé à des chrétiens en Algérie. Les tribunaux d’Aïn el Turk et de Tiaret avaient condamné le 5 février dernier trois chrétiens algériens à des peines de trois ans d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 5000 euros chacun. Les accusés n’avaient pas été entendus lors du procès. L’Alliance Evangélique mondiale, elle, monte aussi au créneau devant «la répression qui commence à l’encontre des chrétiens en Algérie». (apic/ag/eemni/vb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/algerie-les-autorites-suspendent-les-activites-de-deux-communautes-protestantes/