Italie: La presse italienne s’interroge sur «le silence» du pape sur la répression à Lhassa

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Rome, 18 mars 2008 (Apic) L’agence de presse SIR, émanation de la conférence épiscopale italienne, juge que le silence du pape sur la répression chinoise au Tibet ne doit pas être interprété négativement. Mais qu’il s’inscrit dans le contexte d’»un dialogue déjà difficile en soi avec Pékin (…), pour rendre moins pénible la situation de l’Eglise catholique dans ce grand pays».

L’absence de réaction du Saint-Siège, ces derniers jours, à la sanglante répression chinoise de la révolte des moines tibétains n’est pas «un mépris» de la part du Vatican mais plutôt la conséquence d’un «dialogue difficile avec Pékin». Dans une note publiée le 17 mars 2008, le Service d’informations religieuses (Sir) de l’épiscopat italien a ainsi justifié le silence du pape et de la curie romaine sur la situation actuelle au Tibet.

Selon La Stampa du 17 mars, en dehors des murs du Vatican, les voix critiques sur le silence papal lors de la prière de l’angélus de dimanche, concernant la répression chinoise au Tibet, se sont multipliées. Le sénateur et directeur du Riformista, Antonio Polito, dans son éditorial, stigmatise «l’erreur» de Benoît XVI et croit savoir que «Wojtyla ne se serait pas tu, lui». D’autres chefs de parti renchérissent pour donner leur avis sur la question. Il Messagero estime pour sa part que le Vatican souhaite «ne pas irriter Pékin».

Une prière en chinois

L’explication officielle du Vatican dit que le pape» a la responsabilité de participer aux douleurs de l’humanité» mais qu’»il n’a pas de sources directes d’informations (Ndlr sur le Tibet) . Il n’a pas de nonce ou de communauté qui y vit, contrairement à la situation en Irak. Ce que l’agence catholique Misna juge «ridicule», par la voix du Père combonien Venanzio Milani, président de l’agence. «Au Tibet il existe un réseau de personnes pour alimenter les agences Asianews, Misna et autres, très bien informées. Catholiques ou pas, la répression violente exige une interventions papale», est-il convaincu.

Le journal du Vatican l’Osservatore Romano a consacré un bref article à «la mort de 13 personnes au Tibet», en page intérieure de son édition de lundi soir 17 mars. Le SIR, lié à la CEI, Conférence épiscopale italienne, parle des manifestations de Lhassa dans trois éditoriaux, et note qu’une prière de la messe des Rameaux célébrée par Benoît XVI, le 16 mars, a été prononcée en chinois.

Hauts responsables de la curie et prélats chinois en discussion du 10 au 12 mars

Une réunion sur la Lettre du pape aux catholiques chinois s’était tenue du 10 au 12 mars au Vatican. Le Saint-Siège a répété souhaiter un dialogue ’respectueux avec les autorités chinoises’. La réunion de 3 jours était plus largement consacrée à la vie de l’Eglise catholique en Chine. Présidées par le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, les trois journées de travail ont réuni plusieurs hauts responsables de la curie romaine, des évêques de Taiwan et de Macao, le cardinal Joseph Zen Ze-Kiun, évêque de Hong-Kong, ainsi que des membres de congrégations religieuses.

Le Vatican, qui n’a plus de relations diplomatiques avec la Chine depuis 1951, travaille au rapprochement avec Pékin pour réunifier l’Eglise catholique de ce pays «Le Vatican est en train de négocier avec Pékin l’établissement de liens diplomatiques avec la Chine», explique La Repubblica. Pour cela, «il hésite à adopter une position sur le Tibet qui puisse compromettre cet objectif historique». (apic/imedia/stampa/repubblica/sir/vb)

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