Rome: Délégation chinoise reçue secrètement au Vatican pendant la crise au Tibet
Rome, 20 mars 2008 (Apic) Une délégation chinoise aurait été reçue dans la plus grande discrétion au Vatican, le 18 mars 2008, a annoncé le quotidien français «Le Figaro» dans un article consacré à la situation au Tibet. Cette nouvelle a été confirmée à l’agence catholique I.MEDIA à Rome.
Depuis le 10 mars dernier, la Chine a engagé une violente répression au Tibet pour mettre fin aux émeutes. Pour la première fois, le 19 mars, le pape s’est exprimé sur la situation au Tibet, appelant au dialogue et à la tolérance, alors que la presse italienne s’étonnait du long silence du Vatican.
«Le Figaro» a ainsi annoncé, dans son édition du 20 mars, qu’une délégation chinoise avait été reçue en secret mardi au Vatican. Cette rencontre a eu lieu alors que, depuis le 10 mars, la Chine a engagé une «lutte à mort» (selon l’un des responsables politiques chinois) au Tibet pour mettre fin au soulèvement de la population qui réclame l’autonomie. Cependant, selon des informations recueillies par I.MEDIA, la venue de diplomates chinois au Vatican était prévue de longue date et s’inscrit dans la poursuite du dialogue en cours entre le Saint-Siège et Pékin, en toute discrétion.
Polémique dans la presse italienne
Dernièrement, le long silence du Vatican sur la situation au Tibet avait suscité une polémique dans la presse italienne, celle-ci estimant que le Saint-Siège préférait ne pas frustrer la Chine afin de ne pas aggraver la situation de l’Eglise catholique dans le pays. Le Vatican tente en effet de rétablir le dialogue avec les autorités de l’Empire du Milieu. Il semble que Pékin, avant les Jeux Olympiques du mois d’août prochain, souhaiterait accélérer les négociations pour la normalisation des relations diplomatiques rompues avec le Saint-Siège en 1951.
La visite d’une délégation chinoise au Vatican semble prolonger la visite à Pékin en novembre 2007, en toute discrétion, d’une délégation du Saint-Siège, conduite par le sous-secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Pietro Parolin. La rencontre du 18 mars est également intervenue quelques jours à peine après la réunion, du 10 au 12 mars au Vatican, d’experts du Saint-Siège et de prélats chinois sur «la vie de l’Eglise en Chine».
Au lendemain de la visite secrète de la délégation chinoise au Vatican, Benoît XVI a lancé, le 19 mars, un appel au «dialogue» et à la «tolérance» au Tibet, estimant que les problèmes ne se résolvent pas avec la violence, mais s’aggravent seulement. Suite à cet appel du pape, la Chine a réagi vivement. «La tolérance ne peut exister pour les criminels», a ainsi déclaré, le 20 mars, le porte-parole du ministre des Affaires étrangères chinois, Qin Gang. «Ils doivent être punis selon la loi», a-t-il ajouté.
Le Saint-Siège ne ménage pas totalement Pékin
Le Saint-Siège ne ménage pas totalement Pékin. En confiant les méditations du Chemin de croix au Colisée du 21 mars au cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque de Hong-kong et figure incontournable des relations entre le Saint-Siège et la Chine, le pape a choisi de mettre en avant un homme peu apprécié des autorités de Pékin.
Dans ses méditations, le cardinal a saisi l’occasion pour faire très clairement allusion à la situation actuelle des catholiques dans l’Empire du Milieu: persécutions, absence de liberté religieuse et divisions de l’épiscopat entre une Eglise officielle et une Eglise clandestine. Des propos qui pourraient déplaire au gouvernement chinois.
Le cardinal a cependant estimé, le 20 mars, ne pas craindre les réactions négatives de Pékin. Il a précisé que les termes de «persécution» et «d’Eglise du silence» utilisés dans ses méditations «sont des paroles dites dans un acte de prière et non dans un acte d’accusation et de protestation». (apic/imedia/ms/be)
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