Genève: Le métropolite Cyrille de Smolensk souligne à l’ONU le besoin de normes morales
Genève, 20 mars 2008 (Apic) Le métropolite Cyrille, chef du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a souligné devant l’ONU le besoin qu’ont les hommes de normes morales. Un individu doit avoir le droit d’être protégé contre la propagation de la violence, l’usage des drogues et de l’alcool, le jeu et la permissivité sexuelle, a-t-il affirmé au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève.
Le métropolite Cyrille de Smolensk et Kaliningrad, a déclaré – lors d’un colloque organisé le 18 mars au Conseil des droits de l’homme à Genève – qu’il espérait que les préoccupations des organisations religieuses allaient occuper une place importante parmi les questions traitées par le Conseil.
Droits de la personne contre valeurs chrétiennes ?
Par ailleurs, il a averti que la défense des droits de la personne était utilisée pour saper les valeurs chrétiennes et religieuses, ainsi que les points de vue éthiques. « Dans de nombreux pays, la liberté est utilisée comme un prétexte pour mettre en place une industrie commerciale faisant la propagande d’un mode de vie amoral », a déclaré le métropolite Cyrille. Il faisait allusion à la permissivité entourant la violence, les drogues et l’alcool, le jeu et le comportement sexuel.
« De notre point de vue, les droits de la personne ne devraient pas s’opposer aux normes morales acceptées par la plupart des gens comme une forme souhaitable de comportement », a-t-il déclaré. « Si les droits de la personne sont utilisés pour encourager le relativisme moral dans la société, il deviendront étrangers aux croyants », rapporte l’agence oecuménique ENI, basée à Genève.
Le chef du Département des relations extérieures du Patriarcat orthodoxe de Moscou a reconnu que les droits de la personne étaient effectivement « une institution importante de l’ordre social moderne ». Leur intérêt repose dans le fait qu’ils se préoccupent du bien-être de chaque individu. Pourtant, a-t-il insisté, « il ne fait aucun doute pour les chrétiens orthodoxes que la dignité humaine est inconcevable sans une dimension religieuse, spirituelle et éthique ». Le prélat orthodoxe russe a déploré le fait que pour rendre le concept de droits de la personne acceptable à des personnes ayant des visions du monde différentes, « on a tenté avec obstination de le séparer de la religion ».
Ainsi, les opinions religieuses ont été jugées comme relevant de « la sphère privée » et on leur a refusé toute validité en tant que source du droit moderne, y compris du droit des droits de l’homme. Et ce malgré le fait que près de 80 % des gens dans le monde soient considérés comme des « personnes religieuses », a ajouté le prélat russe.
« Par conséquent, l’approche agnostique et même matérialiste de la vie tend à prendre le pas sur les rites, symboles et concepts religieux et à les éloigner de la sphère publique ». Le métropolite Cyrille a indiqué comme exemple que « l’importante fête chrétienne qu’est Noël a perdu son nom dans de nombreux pays occidentaux », et que les gens se sentent désormais contraints de souhaiter leurs « meilleurs voeux ».
Cours d’initiation aux diverses religions dans les écoles: danger!
« L’approche des droits de la personne a également été utilisée pour justifier les outrages faits aux symboles et enseignements religieux et leur distorsion. La même approche est aujourd’hui employée pour imposer aux élèves un cours d’initiation aux diverses religions dans les écoles au lieu d’enseigner les bases de leur propre religion », a déploré le leader orthodoxe russe.
Haro sur les féministes extrémistes et les homosexuels
« En outre, on constate une forte influence – sur la création des règles, des recommandations et des programmes de défense des droits de la personne – des opinions féministes extrêmes et des attitudes homosexuelles, qui sont néfastes à l’institution qu’est la famille et la reproduction de la population », a déclaré le métropolite Cyrille lors de son intervention à Genève. Selon lui, la défense du droit des femmes à l’avortement implique que l’on fait désormais la sourde oreille au droit à la vie d’un enfant déjà conçu.
« A l’heure actuelle, ceux qui réalisent des expériences sur les embryons humains ne veulent même pas entendre parler de violation de l’éthique », a indiqué le métropolite. « Encore plus surprenantes sont les propositions d’introduire le droit à l’euthanasie dans le code des droits de la personne. Les droits de la personne, qui commencent par le droit fondamental à la vie, risquent bientôt de prendre le parti de la mort », a-t-il encore laissé entendre. (apic/eni/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse