Rome: Lors de la veillée pascale, Benoît XVI baptise un journaliste d’origine musulmane
Rome, 23 mars 2008 (Apic) Benoît XVI a baptisé Rome: Lors de la veillée pascale, Benoît XVI baptise un journaliste d’origine musulmane qui s’est longtemps qualifié de musulman modéré, au cours de la veillée pascale, le 22 mars 2008. Il faisait partie des 6 catéchumènes d’Italie, du Cameroun, de la Chine, des Etats-Unis, du Pérou, à recevoir le baptême des mains du pape dans la basilique Saint-Pierre.
Dans une déclaration à la presse, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, a expliqué que le pape avait administré le baptême, au cours de la liturgie pascale, «sans faire de différence entre les personnes».
«Le pape administre le baptême, au cours de la liturgie pascale, aux catéchumènes qui lui ont été présentés, sans faire de différence entre les personnes, c’est-à-dire en les considérant toutes aussi importantes face à l’amour de Dieu et bienvenues dans la communauté de l’Eglise», a ainsi expliqué le Père Lombardi. Il a alors souligné que parmi les catéchumènes qui ont reçu le baptême au cours de la veillée pascale, se trouvait Magdi Allam, journaliste d’origine égyptienne, vice-directeur du quotidien italien «Corriere della Sera».
Toute personne a le droit de choisir librement
«Pour l’Eglise catholique, toute personne qui demande à recevoir le baptême après une recherche personnelle profonde, un choix pleinement libre et une préparation adéquate, a le droit de le recevoir», a ajouté le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Au cours de la longue veillée pascale, les nouveaux baptisés provenant d’Italie, du Cameroun, de la Chine, des Etats-Unis et du Pérou ont aussi reçu les deux autres sacrements de l’initiation chrétienne (confirmation et communion).
Né au Caire en 1952, le journaliste Magdi Allam vit en Italie depuis 1972. Il y a fait ses études et a la nationalité italienne depuis 1986. Considéré comme un spécialiste de l’islam et connu comme un musulman non pratiquant, Magdi Allam s’est fait remarquer par ses tribunes virulentes contre le fanatisme islamiste. Menacé, il vit depuis cinq ans sous protection policière.
L’obscurantisme d’une idéologie qui justifie la mort violente
Dans une tribune publiée le 23 mars 2008 dans le «Corriere della Sera», il explique d’ailleurs sa conversion au catholicisme. Il est que par ce geste son «esprit s’est affranchi de l’obscurantisme d’une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation, la mort violente qui conduit à l’homicide et au suicide, la soumission aveugle à la tyrannie», lui permettant «d’adhérer à l’authentique religion de la Vérité, de la Vie et de la Liberté».
L’Eglise qualifiée de «trop prudente dans la conversion des musulmans»
Magdi Allam a aussi salué le geste du pape qui a accepté de le baptiser comme «un message explicite et révolutionnaire à une Eglise qui jusqu’à présent a été trop prudente dans la conversion des musulmans» car elle avait «peur de ne pas pouvoir protéger les convertis face à leur condamnation à mort pour apostasie». Dans certains pays musulmans, l’apostat risque en effet la peine de mort.
Le nouveau baptisé, qui a choisi comme prénom de baptême celui de «Cristiano» a aussi affirmé qu’en Italie, des milliers de convertis à l’islam vivent sereinement leur foi tandis que des milliers de musulmans convertis au christianisme sont obligés de cacher leur nouvelle foi par peur d’être assassinés par les terroristes islamistes.
En 2006, Magdi Allam avait notamment estimé que les considérations faite par le pape dans son discours de Ratisbonne étaient «un fait historique incontestable». Les paroles de Benoît XVI prononcées à l’Université de Ratisbonne, en Bavière, le 12 septembre 2006, avaient provoqué une vaste et violente polémique dans le monde musulman.
Le vice-président de la communauté musulmane italienne, Yahya Pallavicini, a exprimé à l’agence italienne Ansa son «respect» pour la décision de Magdi Allam mais sa «perplexité» face à l’opportunité de son baptême par le pape. Yahya Pallavicini, qui a fait partie de la délégation musulmane reçue début mars au Vatican pour préparer le premier Forum islamo-catholique, en novembre prochain, a évoqué le risque que ce geste alimente le sentiment que l’ouverture au dialogue de l’Eglise catholique s’accompagne d’une volonté «de suprématie» sur les autres religions. (apic/imedia/ms/be)
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