Méditation de la veillée pascale

Rome: La foi est une force de paix et de réconciliation dans le monde, estime le pape

Rome, 23 mars 2008 (Apic) Au cours de la veillée pascale, samedi soir 22 mars, Benoît XVI a souligné combien la foi était une force de paix et de réconciliation dans le monde. Devant les milliers de fidèles assemblés dans la basilique Saint-Pierre, le pape a aussi baptisé 6 adultes dont un journaliste Italien d’origine égyptienne considéré comme un musulman modéré, Magdi Allam.

«Les personnes baptisées et croyantes ne sont jamais vraiment étrangères l’une à l’autre», a ainsi expliqué le pape. «Des continents, des cultures, des structures sociales ou encore des distances historiques peuvent nous séparer (..) mais le fondement de nos vies est le même», a-t-il ajouté. «La foi est une force de paix et de réconciliation dans le monde», a-t-il estimé.

Le pape a aussi mis en évidence les éléments sensibles du sacrement de baptême que sont l’eau et la lumière. Par le baptême, en effet, le Christ «nous conduit à travers la mer souvent si obscure de l’histoire, où nous sommes fréquemment menacés de sombrer, au milieu des confusions et des dangers». «Dans le baptême, il nous prend comme par la main, il nous conduit sur le chemin qui passe à travers la Mer Rouge de ce temps et il nous introduit dans la vie sans fin, celle qui est vraie et juste», a affirmé le pape.

Evoquant ensuite le symbole de la lumière qui «nous indique le chemin», le pape a estimé qu’il ne fallait pas la laisser s’éteindre. «Nous voulons la protéger contre toutes les puissances qui veulent l’éteindre pour faire en sorte que nous soyons dans l’obscurité sur Dieu et sur nous-mêmes».

«De temps en temps, l’obscurité peut sembler commode», a ajouté le souverain pontife. «Je peux me cacher et passer ma vie à dormir (.) Cependant, nous ne sommes pas appelés aux ténèbres mais à la lumière».

Importance de la conversion

Benoît XVI a alors souligné l’importance de la conversion. «Elevons nos coeurs hors de tous les enchevêtrements de nos préoccupations, de nos désirs, de nos angoisses, de notre distraction», a affirmé le pape. «Nous devons toujours de nouveau nous détourner des mauvaises directions dans lesquelles nous nous mouvons si souvent en pensée et en action». A ses yeux, «nous devons toujours de nouveau devenir des ’convertis’, tournés avec toute notre vie vers le Seigneur».

La veillée pascale a commencé à 21h par le rite traditionnel de la lumière. A l’entrée de la basilique Saint-Pierre, le pape a gravé sur le cierge pascal les lettres alpha et oméga, la première et la dernière de l’alphabet grec, ainsi que les chiffres de l’année courante. Puis il a présidé une procession remontant la nef, en allumant les bougies des milliers de fidèles encore dans l’obscurité. Le passage de l’ombre à la lumière symbolise l’entrée de la Lumière, le Christ, dans le monde des ténèbres et du péché.

De nombreux textes bibliques ont ensuite été lus en différentes langues, suivis de l’Evangile de la Résurrection. Six catéchumènes originaires d’Italie, du Cameroun, de Chine, des Etats-Unis et du Pérou ont reçu de Benoît XVI les sacrements du baptême et de la confirmation, avant d’aller communier pour la première fois sous les deux espèces. Parmi eux, le vice-directeur du quotidien italien Corriere della Sera, Magdi Allam, un converti connu dans le passé comme étant un musulman modéré. JB/MS

Encadré

Complémentarité de l’oecuménisme doctrinal et spirituel

A l’occasion de la célébration de la Passion du Seigneur, présidée par Benoît XVI dans la basilique Saint-Pierre, le Vendredi saint 21 mars 2008, le prédicateur de la Maison pontificale, le Père Raniero Cantalamessa, a expliqué que «l’oecuménisme doctrinal» ne progressait pas s’il n’était pas accompagné d’un «oecuménisme spirituel». Devant le pape, le religieux capucin a aussi regretté que les chrétiens, dans leur dialogue, soient «restés rivés à des problèmes et des formules dont le monde ne connaît même plus la signification».

L’expérience montre que l’oecuménisme doctrinal, ou au sommet, n’est pas suffisant et ne progresse pas s’il n’est pas accompagné d’un «oecuménisme spirituel, de base», a ainsi souligné le prédicateur de la Maison pontificale. Pour lui, l’oecuménisme spirituel naît du repentir et du pardon et se nourrit de la prière. «Ce qui est extraordinaire, c’est que ce chemin vers l’unité basé sur l’amour est déjà, maintenant, grand ouvert devant nous», a-t-il ajouté.

Sur le plan doctrinal, a-t-il continué, il ne faut pas brûler les étapes, car les différences existent et doivent être affrontées patiemment dans les lieux appropriés. «Nous pouvons en revanche dès à présent, brûler les étapes dans le domaine de la charité et être unis». Pour le Père Cantalamessa, «la distinction fondamentale entre les chrétiens n’est pas entre catholiques, orthodoxes et protestants, mais entre ceux qui croient que le Christ est le Fils de Dieu et ceux qui ne le croient pas».

«Est-ce le moment de continuer à nous préoccuper uniquement de ce qui concerne notre ordre religieux, notre mouvement, ou notre Eglise?», s’est demandé le Père Cantalamessa. «Nous prêchons et nous nous activons de multiples manières, mais au lieu de se rapprocher du Christ, le monde s’en éloigne. (.) Le monde a évolué et nous sommes restés rivés à des problèmes et des formules dont le monde ne connaît même plus la signification», a ajouté le prédicateur de la Maison pontificale, évoquant «deux oecuménismes possibles: un oecuménisme de la foi et un oecuménisme de l’incrédulité». Le pape a présidé la célébration, entouré de très nombreux cardinaux et évêques. (apic/imedia/ms/be)

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