Les populations rurales vivent des temps difficiles

Sénégal: Les catholiques ont célébré Pâques dans une période de crise alimentaire

Dakar, 24 mars (Apic) Les catholiques du Sénégal ont célébré Pâques dimanche dans un climat de pénurie alimentaire. L’évènement qui commémore la résurrection du Christ et marque la fin du carême, a eu lieu dans un contexte particulièrement difficile pour les populations vivant en milieu rural. A la sécheresse, s’est ajoutée une épidémie de méningite.

Dans beaucoup de pays du continent, du Sénégal à l’Afrique du Sud, et du Cap-Vert au Soudan, les récoltes ont été mauvaises cette année à cause de l’insuffisance des pluies. A cela s’ajoute une flambée des cours internationaux des céréales. Conséquence: paysans et éleveurs ruraux africains ont de sérieux problèmes alimentaires. Les organisations humanitaires ont multiplié les appels à l’aide internationale.

En Afrique, les cultures céréalières appelées aussi cultures vivrières dépendent entièrement des eaux de pluies pendant l’hivernage. La saison des pluies se situe entre juin et novembre. Lors de l’hivernage 2007, les pluies se sont arrêtées plutôt que d’habitude. Les familles les plus démunies ont épuisé leurs réserves alimentaires et manquent de ressources financières.

Malnutrition en période de «soudure»

Elles traversent une période de «vide alimentaire» ou de «période de soudure» qui provoque une accélération rapide des taux de malnutrition: les familles, n’ayant pas de quoi se nourrir, sautent des repas et, dans les cas les plus extrêmes, survivent en se nourrissant d’aliments sauvages (herbes, feuilles et baies), ou de déchets.

Ce constat, rapporte l’IRIN, l’Agence de presse de l’ONU, a été dressé par des experts alimentaires. De ce fait, la période de soudure a commencé depuis janvier. Elle est accompagnée d’une augmentation des prix sur les marchés.

Au Sénégal, à cause de la «disette», des familles catholiques ont passé les fêtes de Pâques dans de grandes difficultés. Beaucoup d’entre elles, vivants dans la zone de Thiadiaye (sud de Dakar) ont leurs greniers vides, sans mil et sans arachide. La radio privée dakaroise «Walf Fm» rapporte qu’à la veille des fêtes, elles en étaient à demander de l’aide dans les paroisses. Selon le curé de cette paroisse, l’abbé Gérard Diène, ces difficultés de survie n’épargnent pas non plus les musulmans.

Même à Dakar, de nombreuses familles catholiques ont déclarés avoir réduit cette année la quantité des plats préparés à l’occasion de Pâques. Il s’agit notamment du célèbre «Ngalakh», un mets sucré préparé à base de millet, et composé, entre autres, de pâte d’arachide, de sucre, de pain de signe (un fruit des pays sahéliens), de raisin sec. Depuis des siècles, il est le plat principal des familles catholiques au Sénégal pendant la fin du carême. Lors des fêtes de Pâques, les chrétiens partagent leur Ngalakh avec les voisins, connaissances et amis musulmans.

A la fin de la Semaine sainte, des processions de fidèles, conduits par leurs curés ont eu lieu à travers les artères des grandes villes. Ces marches ont été ponctuées par la prière et l’adoration. Des groupes de fidèles ont mis en évidence le film «la passion du Christ», à travers une scène théâtrale présentée par les jeunes chrétiens. Dans leurs homélies, les évêques et les prêtres ont rappelé aux fidèles le sens des fêtes de Pâques et leur importance pour l’Eglise pour laquelle elles constituent la plus importante fête catholique.

A noter en Côte-d’Ivoire, le décès subit, dans la nuit du 20 au 21 mars 2008, de l’évêque du diocèse de San Pedro-en-Côte-d’Ivoire, Mgr Paulin Kouabenan N’Gnamé, après seulement 10 mois à la tête du diocèse. Ordonné évêque le 22 mai dernier, il était âgé de seulement 46 ans. Il venait de célébrer la messe du Jeudi Saint, à la paroisse Saint-Ignace d’Antioche à Méagui, une petite localité de son diocèse. (apic/ibc/be)

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