Ordonnées «prêtres» en novembre dernier
St-Louis, 25 mars 2008 (Apic) Mgr Raymond L. Burke, archevêque de St-Louis, dans l’Etat américain du Missouri, a publié une «déclaration d’excommunication» de deux femmes catholiques ordonnées prêtres le 11 novembre dernier par «l’évêque» Patricia Fresen. La cérémonie s’était tenue dans la synagogue «Central Reform Congregation» de St-Louis, appartenant au judaïsme réformé. Les deux femmes prêtres avaient été averties par Mgr Burke qu’elles encouraient une excommunication automatique, étant considérées comme schismatiques.
Mgr Raymond L. Burke a communiqué la sentence aux deux femmes ordonnées prêtres, Rose Marie Dunn Hudson, de Festus, et Elsie Hainz McGrath, de St-Louis (Etat du Missouri), ainsi qu’à «l’évêque» Patricia Fresen, qui vit à Berg, en Allemagne. Cette dernière avait présidé la cérémonie. L’archevêque rappelle qu’il est de sa responsabilité de sauvegarder l’unité de l’Eglise catholique et de protéger l’âme des fidèles.
Patricia Fresen avait déjà ordonné au diaconat, le 12 août dernier, les deux candidates au sacerdoce, Rose Marie Dunn Hudson (68 ans) et Elsie Hainz McGrath (70 ans). Cette femme évêque est une ancienne religieuse dominicaine (elle a appartenu à sa congrégation durant 45 ans), née en Afrique du Sud en 1940.
Les deux candidates au sacerdoce, Rose Marie Dunn Hudson, une enseignante retraitée qui a quatre enfants et onze petits enfants, et Elsie Hainz McGrath, une théologienne qui a également quatre enfants, 11 petits enfants et 9 arrière petits enfants, appartiennent au mouvement des femmes prêtres catholiques romaines, qui a débuté en 2002.
Dans l’Eglise catholique romaine, seuls les hommes ont la possibilité de devenir diacres et prêtres. Des groupes basés aux Etats-Unis comme «The Womenpriests» et la Conférence pour l’ordination des femmes, font partie des mouvements qui veulent faire pression pour que l’Eglise catholique change sa tradition.
La «déclaration d’excommunication» souligne qu’elles encourent cette sanction en raison du schisme qu’elles ont causé en ayant rejeté avec obstination une «vérité de foi définitive» après avoir été averties par leur évêque. Patricia Fresen a également été punie pour avoir simulé l’administration du sacrement de l’ordre.
Elles avaient été averties
Les deux femmes prêtres avaient fait savoir d’emblée qu’elles allaient ignorer les mises en garde de Mgr Burke. «C’est une forme typiquement hiérarchique d’intimidation, et nous ne sommes pas intimidées», avait alors déclaré Elsie Hainz McGrath. L’archevêque de St-Louis leur avait fait savoir par lettre qu’elles commettraient une «grave erreur» et un «acte de schisme» en acceptant d’être ordonnées prêtres. Il leur rappelait que le pape avait établi de façon infaillible que seuls les hommes pouvaient être ordonnés de façon valide.
Les femmes ordonnées prêtres ont toutes deux des diplômes en théologie ou en pastorale et ont exercé des ministères durant des années. Elsie Hainz McGrath est la veuve d’un diacre catholique romain. Elle a travaillé pour l’archidiocèse, le Département de théologie de l’Université de St-Louis, et a publié des ouvrages pour un éditeur catholique. Rose Marie Dunn Hudson est une enseignante à la retraite qui a était engagée dans la vie paroissiale et qui fut aumônière de prison ces 15 dernières années.
Selon «The Womenpriests», une centaine de femmes ont été ordonnées diacres ou prêtres au plan mondial, dont 37 rien qu’aux Etats-Unis. Certaines d’entre elles ont été officiellement excommuniées par le Vatican, selon la porte-parole du mouvement, Bridget Mary Meehan. D’autres ont été mises en garde par leur évêque. Elle estime que les femmes sont injustement discriminées au sein de l’Eglise catholique romaine. L’archevêché de St-Louis avait décidé l’automne dernier de cesser sa collaboration dans le domaine des activités interconfessionnelles avec la synagogue de la «Central Reform Congregation», dirigée par la rabbin Susan Talve, pour avoir prêté son lieu de culte aux ordinations contestées. (apic/cns/com/be)
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