Le pape défunt bientôt déclaré «bienheureux» ?
Rome, 25 mars 2008 (Apic) A l’approche du 3e anniversaire de la mort de Jean Paul II (1978-2005), le 2 avril 2008, le Vatican a indiqué qu’il ne souhaitait pas perdre de temps dans la conclusion de la cause de béatification du pape polonais.
Interrogé par Radio Vatican le 25 mars 2008, le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, a ainsi souhaité que Jean-Paul II soit élevé dès que possible à l’honneur des autels. Benoît XVI présidera une messe à l’occasion du 3e anniversaire de la mort de son prédécesseur, place Saint-Pierre, le 2 avril prochain.
Alors que la Congrégation pour les causes des saints est en charge du dossier de Jean Paul II depuis avril 2007, le «postulateur» de cette cause (sous la direction du «relateur») est actuellement en train d’élaborer la positio, un épais rapport, en un ou plusieurs volumes, sur les vertus de Karol Wojtyla.
«Je ne sais pas s’il faudra plusieurs mois ou un an», a confié le préfet de la Congrégation pour les causes des saints à propos de ce travail. «Dès que nous aurons la positio, nous l’étudierons immédiatement, sans perdre de temps, car notre dicastère souhaite évidemment que Jean Paul II soit élevé dès que possible à l’honneur des autels et puisse être appelé ’bienheureux’», a cependant ajouté le cardinal Saraiva Martins.
Benoît XVI a annoncé qu’il dérogeait à la règle des cinq ans d’attente
L’ouverture de la «phase diocésaine» de la cause de béatification et de canonisation de Jean Paul II avait eu lieu le 28 juin 2005, moins de trois mois après sa mort, dans la basilique Saint-Jean de Latran. Le 13 mai, jour anniversaire de l’attentat de 1981 qui faillit coûter la vie à son prédécesseur, Benoît XVI avait en effet annoncé qu’il dérogeait à la règle selon laquelle un procès de ce type ne peut débuter que cinq ans après la mort de la personne concernée.
Le procès rogatoire à Cracovie, en Pologne, s’était ensuite achevé le 1er avril 2006. Pendant près d’un an, de nombreux témoins du pays natal de Karol Wojtyla avaient ainsi été entendus à huis clos. La phase diocésaine avait parallèlement été conduite à Rome par le «postulateur», Mgr Slawomir Oder, prêtre polonais du diocèse de Rome. Cette enquête diocésaine «sur la vie, les vertus et la réputation de sainteté» de Karol Wojtyla avait été conclue lors d’une cérémonie solennelle, dans la basilique Saint-Jean de Latran, le 2 avril 2007.
Un miracle est nécessaire pour la béatification
Le dossier de Jean Paul II a ensuite été déposé à la Congrégation pour les causes des saints pour la poursuite de l’instruction, dans sa phase dite «romaine», c’est-à-dire au niveau du Saint-Siège.
C’est au cours de cette phase qu’est rédigée la positio, que se réunissent également des commissions de spécialistes, théologiens et historiens, et que l’on mène enfin des enquêtes autour de miracles qui auraient été réalisés par l’intercession de Jean Paul II, après sa mort. Un miracle est en effet nécessaire pour la béatification d’une personne dite «vénérable».
Début 2007, la guérison inexpliquée d’une religieuse française, soeur Marie Simon-Pierre, avait été retenue comme «miraculeuse» dans le cadre du procès en béatification du pape polonais. La religieuse de la congrégation des Petites soeurs des maternités catholiques aurait ainsi été guérie de la maladie de Parkinson par l’intercession de Jean Paul II, en juin 2005. Cependant, d’autres miracles présumés attribués au pape polonais ont été étudiés à Rome.
A l’occasion du 3e anniversaire de la mort de Jean Paul II, Benoît XVI célébrera une messe place Saint-Pierre le 2 avril 2008 à 10h30, en lieu et place de sa traditionnelle audience générale. Cette messe marquera aussi le lancement du premier congrès mondial sur la Miséricorde divine qui se tiendra à Rome jusqu’au 6 avril, promu par le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, en Autriche. (apic/imedia/ami/be)
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