France: Les grands châteaux de Margaux se mobilisent pour sauver leur église
Margaud, 31 mars 2008 (Apic) Le syndicat viticole du Bordelais a organisé dimanche 30 mars une vente aux enchères de prestige. Et pas banale, puisqu’il s’agissant de financer la restauration de l’église Saint-Michel, par la vente de vin. Et par n’importe lequel: des grands châteaux Margaux.
Selon le quotidien « La Croix », qui consacre dans son édition de lundi un reportage à cette vente, plus de 22’000 euros ont ainsi été récoltés. Une action pour sauver une église qui ne s’est pas faite en vain.
«Un jéroboam (5 litres) château-margaux 1975, un impériale (6 litres) château rauzan-ségla 1985. » Président de la Compagnie des commissaires-priseurs du Midi-Sud-Ouest, Eric Lacombe, cité par « La Croix », énumère la longue liste des quatre-vingts lots offerts par le syndicat viticole de Margaux. Au total, une trentaine de châteaux, pour la plupart crus classés de l’appellation Margaux, ont donné des coffrets de prestige à la vente aux enchères organisée dimanche 30 mars afin de financer la rénovation de leur église Saint-Michel.
De fait, comme le déplore Éliette Plagnot, dans un entretien au journaliste du quotidien catholique, Nicolas Cesar, les cloches ne sonnent plus à Margaux depuis plusieurs années. Pire: le clocher menace de tomber, assure en effet la présidente de l’Association pour la restauration de l’église Saint-Michel, qu’elle a créée il y a deux ans, Les travaux sur le bâtiment vont être pris en charge par cette commune de 1’400 habitants située au coeur du Médoc, en Gironde. Mais la municipalité ne peut en revanche financer la restauration intérieure.
«Or il faut refaire l’électricité, mettre le chauffage et restaurer les peintures », souligne le curé, le P. Philippe Dumont. Une facture très lourde : près de 25 000 ¤ rien que pour le chauffage. « Nous n’avons pas les moyens. Nos recettes sont faibles, car ici, il y a très peu d’entreprises et les châteaux viticoles ne payent pas de taxe professionnelle ». relève le maire de Margaux, Jacqueline Dottain.
L’image emblématique de Margaux
Pour « sauver » Saint-Michel, Éliette Plagnot a donc sollicité l’aide du syndicat viticole de Margaux, qui a immédiatement accepté et s’est mobilisé pour organiser cette prestigieuse vente aux enchères. « Nous sommes très attachés à cette église », reconnaît Gonzague Lurton, président du syndicat viticole.
« Nous y avons été baptisés, nous nous y sommes mariés. Et puis, c’est l’image emblématique de Margaux : c’est la première chose que les touristes voient en arrivant chez nous. » L’église, dont les origines remontent au XIVe siècle, a en effet la particularité d’être implantée au coeur des vignes, à quelques pas du Château Margaux.
22’500 euros récoltés
En plus d’offrir des bouteilles, le Château Giscours avait mis à disposition son personnel, ses locaux pour la vente aux enchères, et un déjeuner dont les bénéfices seront eux aussi reversés à l’association. Et certains propriétaires, comme Jean-Luc Zuger, du Château Malescot Saint-Exupéry, n’ont pas hésité, en plus de leurs dons, à acheter eux-mêmes des lots, comme ces six magnums du Château Ferrière emportés à 310 ¤.
Au total, la vente a permis de récolter 22 500 ¤. Soit à 2’500 près le montant du devis de la réparation. « Cela dépasse nos espérances. La restauration de Saint-Michel de Margaux est désormais en bonne voie », se félicite Éliette Plagnot. (apic/cx/nv/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse