Darfour: Les bandes armées sèment de plus en plus la terreur
Nyala, 6 avril 2008 (Apic) Au Soudan, dans la région occidentale du Darfour, les organisations humanitaires doivent affronter une nouvelle menace: des milices armées itinérantes faisant partie de nouveaux groupes de rebelles et sans programme politique connu s’attaquent aux véhicules pour s’en emparer, en tuant parfois des travailleurs humanitaires.
« Les groupes d’action humanitaire sont maintenant plus que jamais des cibles », a déclaré à l’Agence ENI à Nyala, au sud du Darfour, le pasteur Fred Nyabera, directeur exécutif de la Communauté des Conseils chrétiens et des Eglises des Grands Lacs et de la Corne de l’Afrique ». Ils travaillent dans des conditions très difficiles, en étant exposés aux menaces que représentent les factions armées et les éléments criminels ».
Le pasteur Nyabera fait partie d’une équipe internationale composée de représentants d’Eglise, notamment du secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises, le pasteur Samuel Kobia, qui a effectué du 26 mars au 2 avril une visite au Soudan. Cette équipe s’est rendue à Khartoum, dans le Darfour et la partie sud du Soudan. D’après les personnes travaillant avec les groupes d’aide humanitaire soutenus par l’Eglise dans la région, les groupes rebelles dissidents ont modifié profondément le conflit au Darfour, alors que les causes initialement défendues portaient sur les droits, les ressources et le développement. Au début, on comptait trois grands groupes de rebelles, maintenant on estime à au moins 25 le nombre de milices présentes sur le théâtre des opérations.
Le Darfour, une région située à l’ouest du Soudan d’une taille comparable à celle de la France, est devenue la scène de la plus grande opération humanitaire au monde suite à un conflit qui, selon les experts des organisations internationales, a entraîné la mort de plus de 200’000 personnes et en a fait fuir 2,5 millions.
Les travailleurs humanitaires ont expliqué à la délégation des représentants d’Eglise que le Darfour était une région difficile et dangereuse, mais qu’ils y restaient à cause des besoins immenses des populations déplacées.
A répétition
Au cours d’attaques séparées début mars, des bandits ont tué trois chauffeurs de camion du Programme alimentaire mondial. Le 24 mars, des hommes armés non identifiés ont tiré sur un chauffeur du Programme, Mohamed Ali, et blessé son assistant alors qu’ils se rendaient à Nyala pour tenter d’y apporter une aide humanitaire.
Selon les informations disponibles, le Programme alimentaire des Nations Unies aurait ainsi perdu plus de 50 camions.
« Nous sommes extrêmement choqués et profondément attristés par ces incidents. Les chauffeurs qui acheminent l’aide humanitaire du PAM et nos prestataires externes doivent affronter quotidiennement des violences », a déclaré le représentant du PAM au Soudan, Kenro Oshidari, dans un communiqué de l’agence de presse soudanaise le 25 mars.
Plusieurs autres organisations, dont des organisations humanitaires chrétiennes, ont également signalé que leurs véhicules avaient été attaqués et braqués par des bandits. D’après certains habitants du Darfour, les véhicules sont vendus dans les pays voisins, le Tchad ou la Libye, d’autres sont équipés d’armes à feu et utilisés dans le conflit. D’autres encore sont démontés et vendus en pièces détachées. (apic/eni/pr)
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