Paix, droits de l’homme et liberté religieuse comme fil rouge

New York: Benoît XVI sera le troisième pape à s’exprimer à la tribune de l’ONU

Rome, 9 avril 2008 (Apic) Le 18 avril prochain à New York, Benoît XVI sera le 3e pape à prendre la parole à la tribune des Nations Unies, après Paul VI en 1965 et Jean Paul II en 1979 et en 1995. A la suite de ses prédécesseurs qui s’étaient engagés pour la «cause de la paix», Benoît XVI devrait s’exprimer sur les droits de l’homme, 60 ans après la signature de la Déclaration universelle.

Sur les pas de ses prédécesseurs, Benoît XVI prononcera donc le 4e discours pontifical à la tribune de l’ONU. Ses paroles seront écoutées par les représentants de 192 pays actuellement membres de cette organisation internationale. C’est-à-dire 75 pays de plus que lors de la visite de Paul VI en 1965 et 7 pays de plus que lors du dernier discours de Jean Paul II, en 1995. Le Saint-Siège entretient actuellement des relations diplomatiques avec 176 d’entre eux.

Le discours de Benoît XVI devrait être largement consacré aux droits de l’homme, puisqu’il interviendra à l’occasion du 60e anniversaire de la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948). Dans ce cadre, il devrait aborder un thème qui est cher au pape: celui du respect de la liberté religieuse partout dans le monde. L’adoption d’une résolution de l’ONU sur le respect du droit à la liberté religieuse avait notamment été souhaitée par le Saint-Siège en novembre 2007.

Paul VI et Jean-Paul II au «Palais de verre»

20 ans après la fondation des Nations Unies en 1945, Paul VI fut le premier pape à s’exprimer à la célèbre tribune de marbre vert et blanc, en octobre 1965, deux mois avant la clôture du Concile Vatican II. Devant les 117 pays alors représentés à l’ONU, il avait salué avec force l’engagement de cette institution pour la paix. «Jamais plus les uns contre les autres, jamais, plus jamais ! N’est-ce pas surtout dans ce but qu’est née l’Organisation des Nations Unies : contre la guerre et pour la paix ?», avait-il lancé. «Jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! C’est la paix, la paix, qui doit guider le destin des peuples et de toute l’humanité !»

Le 2 octobre 1979, un an après son élection, Jean Paul II avait lui aussi répondu à l’invitation des Nations Unies. Le pape polonais, 10 ans avant l’implosion de l’Union soviétique et l’achèvement de la Guerre froide, s’était alors placé dans la continuité de Paul VI, «infatigable serviteur de la cause de la paix». Le pape polonais avait évoqué la Déclaration universelle des droits de l’homme un peu plus de 30 ans après sa signature, voyant en elle une «véritable pierre milliaire sur la voie du progrès moral de l’humanité».

Pour sa seconde visite aux Nations Unies, le 5 octobre 1995, Jean Paul II avait évoqué l’importance de la liberté, «une des grandes dynamiques de l’histoire de l’homme». S’exprimant dans le cadre du 50e anniversaire de la fondation de l’ONU, devant 185 pays représentés, il avait évoqué l’importance de «vaincre notre peur de l’avenir. Mais nous ne pourrons la vaincre complètement si nous ne sommes pas ensemble», avait expliqué le pape polonais.

Un Observateur permanent qui dérange

Le Saint-Siège est présent aux Nations Unies depuis le 2 avril 1964, avec le statut d’Observateur permanent. Cela signifie qu’il participe aux travaux de l’ONU au même titre que les autres Etats membres mais n’a pas le droit de vote ni de candidature. Depuis juillet 2004, l’Assemblée générale de l’Onu a reconnu au Saint-Siège le droit à une participation plus active aux travaux de l’Assemblée, confirmant son statut d’Observateur permanent.

La présence du Saint-Siège aux Nations Unies a cependant souvent été contestée. En 2002, une pétition avait notamment été lancée par un groupe de parlementaires au siège du parlement européen à Bruxelles. Celle-ci invitait «les Etats membres et le secrétaire générale des Nations Unies à prendre des mesures pour mettre fin à ces violations du principe de neutralité en termes de religion» et «à entamer en conséquence la procédure d’annulation du statut du Saint-Siège».

En effet, comme l’a affirmé à I.Media en février dernier Mgr Celestino Migliore, observateur permanent depuis 2002, les positions et les principes que le Saint-Siège défend aux Nations Unies semblent ne pas être entendus. «Dans le cadre des organisations internationales, il est désormais évident que, depuis longtemps, le compromis et le consensus sur tout et n’importe quoi ont remplacé l’acceptation et le respect des principes non négociables». «Ceux qui, comme le Saint-Siège, continuent d’attirer l’attention sur les principes non négociables, ont l’impression d’agir comme le prophète qui crie dans le désert», avait-il estimé.

Le Saint-Siège a aussi parfois émis des critiques à l’encontre du fonctionnement des institutions internationales. A plusieurs reprises, il a appelé à une réforme structurelle de l’organisation internationale et, en particulier, de son Conseil de sécurité. Ainsi, en octobre 2004, Mgr Migliore avait souhaité que son «système» soit «fondé sur la coopération plutôt que sur la concurrence parmi des Etats associés, responsables et égaux». (apic/imedia/ms/pr)

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