La sécurité de tous les Kenyans réclamée de toutes parts

Kenya: Vaste opération de police contre la secte Mungiki

Nairobi, 17 avril 2008 (Apic) La police kenyane a lancé le 16 avril une vaste opération contre la secte Mungiki, dont les protestations de ces derniers jours ont débouché sur des actes violents, provoquant au moins 18 morts dans tout le pays.

«Nous sommes déterminés à mettre fin à leurs activités» a dit le chef de la police, Eric Kiraithe. En effet, depuis lundi dernier, les protestations du groupe – suite à la découverte du corps de l’épouse de Maina Njenga, chef présumé de la secte – auraient fait au moins 18 victimes entre Nairobi, Naivasha, Eldoret, Nyeri Murang’a et Kiambu.

Le secrétaire du ministère pour la Sécurité interne, Cyrus Gituai, a admis que les forces de l’ordre ont été surprises par les violences ayant éclaté dans la nuit de dimanche à lundi, précisant que jusqu’ici plus d’une centaine de membres de la secte a été arrêtée dans plusieurs localités. D’autre part, les représentants de l’église catholique kenyane ont eux aussi exprimé leur préoccupation pour la détérioration des conditions sécuritaires dans le pays. Le cardinal John Njue a demandé au gouvernement de mettre fin à la terreur engendrée par la secte, considérant la sécurité de tous les Kenyans une priorité des institutions.

Toute une région terrorisée

Entre temps, l’exécutif kenyan se prépare à diffuser un communiqué expliquant les circonstances dans lesquelles les violences se sont vérifiées suite aux demandes insistantes d’éclaircissement des députés de l’opposition (Odm) «qui sollicitent des explications au fait qu’une secte hors-la-loi ait mis au carreau cinq des principales localités du pays pendant deux jours». Les protestations ont conduit à la suspension des liaisons ferroviaires avec la Rift Valley, la région la plus concernée par les violences, tandis que quelques témoins rapportent que les femmes de Naivasha ne portent plus de pantalons pour ne pas alimenter les rétorsions de la part des Mungiki, qui imposent à la population un habillement traditionnel.

Le quotidien «Daily Nation» a publié le 16 avril un article qui avance l’hypothèse – confirmée par des sources anonymes de membres de la secte – selon laquelle la femme du chef Mungiki aurait été tuée par des franges d’ex-membres en conflit avec la direction actuelle du groupe et non pas par les forces de l’ordre, contrairement aux accusations lancées ces derniers jours et à l’origine des manifestations violentes.

Interdite depuis 2002, la secte des Mungiki est essentiellement composée de jeunes sans emploi de la communauté kikuyu, principale ethnie du pays; elle compterait quelques milliers de membres tandis que les responsables du mouvement affirment avoir quatre millions d’adeptes. L’an dernier la secte avait été accusée de plus de 50 homicides, donnant lieu à une vaste opération de la police pour rétablir l’ordre public et à des milliers d’arrestations. (apic/misna/js)

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