Rome: Le Vatican ne commente pas l’élection présidentielle au Paraguay de Fernando Lugo

Radio Vatican salue tout de même «l’évêque des pauvres»

Rome, 22 avril 2008 (Apic) Le Saint-Siège ne souhaite pas commenter officiellement la récente élection du nouveau président paraguayen, l’ancien évêque Fernando Lugo, suspendu par le Vatican en janvier 2007. Si L’Osservatore Romano s’est limité à annoncer l’élection du nouveau président, Radio Vatican a cependant indiqué que celui-ci avait proposé «l’espérance» aux habitants du Paraguay.

Sollicité par I.MEDIA, le Bureau de presse du Saint-Siège n’a pas souhaité commenter l’élection, le 20 avril 2008, de Fernando Lugo. Chef de file de l’opposition de centre-gauche au Paraguay, l’ancien évêque a mis fin à 61 ans d’hégémonie du parti Colorado en remportant largement l’élection présidentielle. En décembre 2006, Mgr Lugo, évêque de San Pedro, avait annoncé son souhait de se présenter aux élections présidentielles. Invité par le Saint-Siège à renoncer à cette candidature, «l’évêque des pauvres» avait maintenu celle-ci avant d’être suspendu.

Dans son édition datée du 22 avril, L’Osservatore Romano a simplement annoncé «la victoire de Fernando Lugo, candidat de l’Alliance patriotique pour le changement», précisant par ailleurs que l’installation de Lugo est prévue le 15 août.

Radio Vatican, pour sa part, a rapporté le 21 avril la nouvelle de l’élection, assortie d’un commentaire particulièrement positif. «La victoire est allée à Fernando Lugo, évêque émérite de San Pedro, suspendu ad divinis il y a plus d’un an», a ainsi indiqué la radio du pape avant d’estimer que celui-ci avait su «interpréter» la «privation de ce pays» et la «mauvaise humeur des citoyens qui demandent depuis trop longtemps que leurs droits économiques soient respectés». Selon Radio Vatican, le nouveau président a aussi ajouté un autre élément fondamental : l’espérance.

Au lendemain de l’élection, la Conférence épiscopale paraguayenne a reconnu le nouveau président. Elle a également fait savoir qu’elle travaillait avec la nonciature apostolique à Asunción afin de réfléchir à la décision que pourrait prendre le pape concernant le retour de Fernando Lugo à l’état laïc.

Mgr Fernando Armindo Lugo Mendez, nommé en 1994 par Jean-Paul II, avait présenté sa démission en 2004. Plus récemment, il avait demandé à Benoît XVI d’être réduit à l’état laïc. Une demande alors refusée.

Le 25 décembre 2006, l’évêque avait annoncé sa décision de présenter sa candidature aux élections présidentielles de 2008, assurant que sa renonciation à son ministère de prêtre était «douloureuse mais, en même temps, le rendait heureux car, désormais, sa cathédrale était le pays». Il avait aussi expliqué vouloir mettre fin à une longue histoire d’exclusion sociale, dans laquelle les responsables ont un nom, faisant référence aux 60 ans de pouvoir du parti Colorado.

Prêtrise et engagement politique inconciliables pour l’Eglise

L’évêque avait aussitôt reçu un courrier du cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, lui expliquant que s’il ne renonçait pas à ses activités politiques, il serait suspendu de ses fonctions, comme le prévoit le Droit canon. Puis, devant sa détermination, la Congrégation pour les évêques avait suspendu ad divinis l’évêque de ses fonctions le 20 janvier 2007, lui interdisant «l’exécution de tous les actes de pouvoir, d’ordre et de gouvernement et l’exercice de toutes les fonctions et des droits inhérents à la charge épiscopale». Celui-ci, cependant, restait «à l’état clérical» et devait «assurer les devoirs liés à celui-ci».

En recevant en audience au Vatican une vingtaine de nonces d’Amérique latine, en février 2007, Benoît XVI avait particulièrement rappelé «qu’il ne revient pas aux ecclésiastiques d’être à la tête de groupes sociaux ou politiques, mais à des laïcs mûrs et professionnellement préparés».

L’Eglise catholique est généralement hostile à l’engagement politique des prêtres. Le droit canonique interdit à ces derniers d’exercer des pouvoirs civils et de s’engager dans des partis politiques, à moins que «la défense des biens de l’Eglise ou à la promotion du bien commun ne le requièrent» (canons 285 et 287). (Apic/imedia/ami/js)

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