Bilan plutôt positif

Etats-Unis : Les observateurs analysent la visite du pape Benoît XVI après son départ

New York, 22 avril 2008 (Apic) La première visite officielle du pape Benoît XVI aux Etats-Unis restera certainement dans les mémoires pour les déclarations publiques qu’il a faites sur les scandales d’abus sexuels qui ont ébranlé l’Eglise catholique dans le pays.

« J’ai été impressionné par le fait qu’il ait pris ce risque », a écrit Peter Steinfels, chroniqueur pour le New York Times et auteur de « A People Adrift » (Un peuple à la dérive), une étude sur l’histoire récente de l’Eglise catholique aux Etats-Unis. « Le visage que Benoît XVI a choisi de montrer à un public qui ne le connaissait pas bien … était le visage d’un pasteur. » Il s’agissait du visage que le public a vu la plupart du temps et qui semblait le réconforter. Cependant, la visite du souverain pontife aux Etats-Unis, du 15 au 20 avril, a eu d’autres aspects.

Le 18 avril à New York, lors d’un service auquel ont assisté 250 représentants des traditions catholique, protestante, orthodoxe, évangélique et pentecôtiste, Benoît XVI a exprimé ses préoccupations concernant le fait que « les croyances et les comportements chrétiens » fondamentaux sont modifiés en raison d’interprétations « pas toujours en accord » avec la tradition chrétienne et l’enseignement biblique. « En conséquence, les communautés renoncent à agir comme un corps uni, » a déclaré le pape, dont les propos ont été perçus comme un reproche adressé à l’Eglise épiscopale (anglicane) des Etats-Unis, qui, en 2003, avait consacré un évêque ouvertement homosexuel.

Cependant, l’évêque épiscopal de New York Mark S. Sisk, qui était présent au service du 18 avril, a émis certaines réserves. Selon lui, les journalistes « vont trop loin dans l’analyse » des propos de Benoît XVI. Il a affirmé au correspondant de l’agence de presse oecuménique Eni que le service avait été prononcé sur un ton « très conciliant », et il a trouvé que le pape était une « personne vive … engagée et engageante ».

Même sur des points sensibles, le pape a trouvé le ton juste

Auparavant, le pape avait prononcé un discours aux Nations Unies à New York, dans lequel il a déclaré qu’il existait un devoir d’action internationale lorsque un pays était dans l’incapacité de protéger ses propres citoyens, ou pire encore, qu’il commettait des actes de violence à leur encontre. »S’il arrive que les Etats ne soient pas en mesure d’assurer une telle protection, il revient à la communauté internationale d’intervenir avec les moyens juridiques prévus par la Charte des Nations Unies et par d’autres instruments internationaux », a déclaré Benoît XVI. Il s’agit depuis longtemps d’un sujet sensible à l’ONU, car il touche à la question de la souveraineté nationale, une prérogative qu’aucun Etat membre n’est prêt à abandonner.

Pourtant, les propos du pape sont intervenus à une période de débats intenses sur la nécessité d’une intervention de ce type dans la région soudanaise du Darfour, où le gouvernement du Soudan est accusé de violations des droits de la personne, voire meme de génocide. Benoît XVI semble s’être rangé du coté des partisans de l’action dans de tels cas. « C’est l’indifférence ou la non-intervention qui causent le plus de torts », a-t-il affirmé dans son discours aux Nations Unies. (apic/eni/js)

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