Comme au Kenya?

Zimbabwe: Les Eglises mettent en garde contre un possible génocide dans le pays

Harare, 25 avril 2008 (Apic) Des responsables d’Eglise du Zimbabwe ont appelé les Nations Unies et les organisations régionales africaines à intervenir pour endiguer la violence que semble connaître le pays depuis l’élection contestée. Ils mettent en garde contre l’éventualité d’un génocide en cas de non-intervention.

« En tant que bergers du peuple, nous … exprimons notre profonde inquiétude vis-à-vis de la détérioration de la situation politique et économique, de la sécurité et des droits de la personne au Zimbabwe depuis les élections du 29 mars », ont indiqué dans un communiqué commun les responsables d’Eglises issues du Conseil des Eglises du Zimbabwe, de la Conférence épiscopale du Zimbabwe et de la Communauté évangélique du Zimbabwe.

« Les gens se font enlever, torturer et humilier ; on leur demande de répéter des slogans de partis politiques qu’ils ne soutiennent pas », ont-ils affirmé. « Nous appelons la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), l’Union africaine et les Nations Unies à oeuvrer pour mettre fin à la détérioration de la situation politique et de la sécurité au Zimbabwe », ont exhorté les leaders religieux dans leur communiqué du 22 avril.

« Nous avertissons le monde que si rien n’est fait pour tirer les habitants du Zimbabwe de cette situation difficile, nous allons bientôt être les témoins d’un génocide similaire à ceux qu’ont connu le Kenya, le Rwanda, le Burundi et d’autres points chauds en Afrique et ailleurs », ont mis en garde les responsables d’Eglise.

Par ailleurs, le service de presse Anglican Communion News Service a publié un appel à célébrer une Journée mondiale de prière pour le Zimbabwe le 27 avril. Cet appel, signé par Bob Stumbles, chancelier du diocèse anglican de la capitale Harare, demande de prier pour « sauver le Zimbabwe de la violence, de la dissimulation et la manipulation des résultats électoraux, de l’escroquerie, de l’oppression et de la corruption ».

Siège de l’opposition visé

Les Zimbabwéens se sont rendus aux urnes le 29 mars pour élire leur président, leurs députés et des représentants locaux. La Commission électorale du Zimbabwe a donné les résultats des élections législatives, annonçant que le parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), avait obtenu d’avantage de sièges que le Zanu-PF, parti du président Robert Mugabe.

Près d’un mois après les élections, cependant, la Commission électorale n’a toujours pas annoncé les résultats du scrutin présidentiel. Le MDC a publié ses propres résultats à partir de chiffres collectés dans les bureaux de vote, et a déclaré vainqueur son leader Morgan Tsvangirai.

Selon certains témoignages, les militants du Zanu-PF s’en prendraient aux personnes qu’ils soupçonnent d’être des partisans de l’opposition. De nombreuses personnes vivent aujourd’hui dans la rue parce que leur maison a été incendiée. Vendredi, la police anti-émeute aux ordres de Mugabe a effectué une perquisition au siège du principal parti d’opposition, à Harare. Les forces de l’ordre ont emmené toutes les personnes qui se trouvaient à l’intérieur du Bureau du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition). (apic/eni/ag/pr)

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