Lampistes condamnés, mais les commanditaires courent toujours

Guatemala: Il y a dix ans, Mgr Gerardi était assassiné

Guatemala, 27 avril 2008 (Apic) Le dixième anniversaire de l’assassinat de Mgr Juan José Gerardi, évêque auxiliaire de Guatemala, a été célébré le 26 avril au Guatemala.

«Il fut un grand défenseur des droits humains mais aussi un homme de foi et de prière, très fraternel», a déclaré le cardinal Rodolfo Quezada Toruño, archevêque de Guatemala et primat de l’Eglise guatémaltèque, en rendant hommage à l’évêque assassiné le 26 avril 1988 dans sa paroisse de San Sebastián, deux jours après avoir publié le rapport «Guatemala nunca más» (Guatemala plus jamais) sur les crimes commis durant la guerre civile.

«Ce fut un homme droit qui a lutté pour la dignité des plus pauvres et mourut de façon barbare. Son homicide est une blessure encore ouverte pour l’Église guatémaltèque» a ajouté le cardinal Quezada en s’adressant à des centaines de fidèles rassemblés à la cathédrale métropolitaine de la capitale.

Au terme d’un procès caractérisé par «une série d’irrégularités, de faux témoignages et de manipulations de preuves», le colonel Byron Disrael Lima Estrada, membre de l’état-major présidentiel (Emp) sous le gouvernement d’Alvaro Arzú (1996-2000), a été finalement condamné en 2007 à 20 ans de prison en qualité de complice du crime ainsi que son fils, le capitaine Byron Lima Oliva et père Mario Orantes, secrétaire de l’évêque tué.

Mais à ce jour, les commanditaires de l’homicide – qualifié par d’aucuns de «crime d’état» – n’ont toujours pas été identifiés. Dans le rapport «Guatemala nunca más» – fruit du projet interdiocésain de récupération de la mémoire historique (Remhi) – voulu par Mgr Gerardi, plus de 55’000 violations des droits humains ont été citées, commises durant la guerre civile qui s’est soldée par un bilan d’au moins 200’000 victimes entre morts et «desaparecidos»; 80 % des cas sont attribués à l’armée. (apic/misna/pr)

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