Zimbabwe: Les organisations d’Eglises jugent que les élections ont été ni libres ni équitables
Genève, 30 avril 2008 (Apic) Les Eglises du Zimbabwe doivent donner des orientations au peuple de ce pays d’Afrique australe, suite aux élections truquées du 29 mars, ont indiqué dans un rapport commun le Conseil oecuménique des Eglises (COE) et la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA). Le COE et la CETA, qui estiment que le vote n’a été ni libre ni équitable, constatent que des avantages matériels et de la nourriture ont servi à acheter des électeurs afin qu’ils votent pour le président sortant Robert Mugabe.
«Le processus d’inscription des électeurs, l’accès aux médias et la liberté de campagne de l’opposition ont été entravés, dans une certaine mesure, par le président en exercice (Robert Mugabe) et les agents du parti au pouvoir, le Zanu-PF. Des représentants des forces de l’ordre en uniforme ont ouvertement intimidé les électeurs les jours précédant le scrutin», ont déclaré le COE et la CETA dans un rapport commun rendu public le 29 avril. Ce rapport paraît un mois après le scrutin, alors que les résultats officiels des élections n’ont toujours pas été annoncés.
«Tous ces événements indiquent que le processus électoral a été faussé en faveur du président en exercice, qui a ouvertement utilisé les ressources de l’Etat en sa faveur. Ainsi, les élections de 2008 étaient-elles loin d’être libres et équitables», selon ce rapport. Il a été élaboré par une délégation commune du COE et de la CETA qui était chargée d’observer les élections au Zimbabwe mais qui n’a pas été en mesure de mener à bien sa mission.
Le COE représente 560 millions de chrétiens issus de 349 Eglises essentiellement anglicanes, orthodoxes et protestantes. La CETA est son équivalent régional en Afrique. «L’Eglise du Zimbabwe doit réfléchir sérieusement aux meilleurs moyens d’affronter l’impasse, en particulier dans la période post-électorale. Il est toujours plus urgent que les Eglises parlent et se fassent entendre, et donnent des orientations au peuple du Zimbabwe», peut-on lire dans le rapport. Il souligne que le gouvernement zimbabwéen a refusé d’accorder une accréditation aux observateurs du COE et de la CETA pour surveiller les élections. Selon le rapport, la procédure d’accréditation contrevenait «aux exigences internationales en matière d’observation d’élections».
Policiers et fonctionnaires achetés, nourriture utilisée comme outil politique
On peut encore lire dans le rapport que pendant la campagne électorale, le candidat du Zanu-PF, Robert Mugabe, a appâté les fonctionnaires, y compris les policiers, en augmentant leurs salaires et en leur accordant des avantages. Cela a eu des conséquences sur les élections. De plus, le parti au pouvoir distribuait des outils agricoles et médicaux et des ordinateurs pour attirer les électeurs, surtout dans les régions agricoles.
Selon le rapport, la nourriture était «un outil politique utilisé par le régime de Mugabe, au mépris total des besoins fondamentaux et du respect des droits de la personne». Les responsables du Grain Marketing Board, organisme de gestion des stocks alimentaires, ont fait ouvertement campagne en faveur du Zanu-PF et distribué la nourriture aux partisans du Zanu-PF sous la supervision des leaders traditionnels, affirme le rapport.
Le rapport réitère les appels lancés par de nombreuses Eglises, des gouvernements, des organisations de la société civile et des citoyens zimbabwéens en faveur de la publication immédiate et inconditionnelle des résultats des élections, afin de pacifier et d’unifier le pays. Texte complet du rapport du COE et de la CETA sur les élections au Zimbabwe (en anglais): www.oikoumene.org (apic/coe/eni/be)
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