La première rencontre entre le catholicos Karekin II et Benoît XVI

Rome: Le chef de l’Eglise arménienne apostolique sera reçu par le pape le 9 mai

Rome, 4 mai 2008 (Apic) Karekin II, catholicos suprême de tous les Arméniens, effectuera un séjour à Rome du 6 au 10 mai au cours duquel il sera reçu par Benoît XVI, a indiqué le Bureau de presse du Saint-Siège dans un communiqué. Il s’agira de la première visite du chef de l’Eglise arménienne apostolique au Vatican depuis le début du pontificat de Benoît XVI.

A la tête de l’Eglise arménienne apostolique, le catholicos suprême de tous les Arméniens, Karekin II, sera à Rome avec 18 évêques de son Eglise du 6 au 10 mai. Egalement accompagné de quelque 75 fidèles, il priera sur la tombe de saint Pierre, dans la crypte de la basilique vaticane, dans la matinée du 7 mai, avant de participer à l’audience hebdomadaire de Benoît XVI. Dès le début de l’audience, le pape devrait accueillir son hôte.

Le 9 mai, le catholicos Karekin II et Benoît XVI se rencontreront en privé au Vatican avant de participer ensemble, avec la délégation arménienne, à une ’liturgie de la parole’. Le soir même, le catholicos Karekin II participera à la prière des vêpres dans la basilique romaine de Saint-Paul hors-les-murs en compagnie du cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.

Au cours de son séjour à Rome, le chef de l’Eglise arménienne apostolique visitera également le Collège pontifical arménien, l’Institut pontifical d’études orientales et l’Université pontificale salésienne. Quittant Rome le 10 mai, le catholicos arménien se rendra ensuite à Milan et Venise.

132e catholicos de tous les Arméniens

Karekin II (Ktrich Nersissian) a été élu 132e patriarche suprême et catholicos de tous les Arméniens le 27 octobre 1999. Il est aujourd’hui âgé de 56 ans. Ordonné prêtre en 1972, il a étudié la théologie successivement à Vienne (Autriche) puis à Bonn (Allemagne) et enfin en Russie, à l’Académie de Zagorsk de l’Eglise orthodoxe russe.

Nommé ensuite évêque d’Ararat (Arménie) en 1983, il a rempli un rôle de premier plan dans la vie religieuse, sociale et culturelle du pays, notamment à travers la promotion de missions caritatives à la suite du tremblement de terre de 1988 et de la fin de l’empire soviétique. En novembre 1998, le catholicos Karekin Ier, à cause de graves problèmes de santé, le nomma vicaire général du siège de l’Eglise arménienne, Etchmiadzine.

Le premier catholicos arménien à venir à Rome fut Vasken Ier, en mai 1970, à l’invitation de Paul VI. Puis, Karekin Ier est pour sa part venu voir Jean-Paul II à deux reprises. Lors de sa première visite, en décembre 1996, il a signé avec le pape une déclaration dans laquelle tous deux proclamaient leur foi commune dans le Christ. Lors de sa seconde visite, en mars 1999, Karekin Ier était déjà gravement malade, mais il avait tenu à affirmer à Jean-Paul II son désir de poursuivre encore les efforts pour un rapprochement des deux Eglises. Il devait mourir quelques mois plus tard, le 29 juin 1999, avant que le pape polonais ait pu lui rendre sa visite comme il le souhaitait.

Quant au catholicos Karekin II, il est déjà venu au Vatican du 9 au 11 novembre 2000. A cette occasion, lors d’une cérémonie dans la basilique Saint-Pierre, Jean Paul II lui a remis solennellement une relique de saint Grégoire l’Illuminateur, patron de l’Arménie.

A son tour, Jean Paul II s’est rendu en Arménie du 25 au 27 septembre 2001, pour son 95e voyage à l’étranger, à l’occasion des cérémonies du 1700e anniversaire de l’Eglise arménienne. Saint Grégoire l’Illuminateur (240-326), apôtre de l’Arménie, fonda en effet l’Eglise arménienne en 301 après JC.

Le catholicos Karekin II a ensuite participé à la messe solennelle des obsèques de Jean-Paul II, à Rome, le 8 avril 2005. Le 4 mars 2008, il a reçu la visite à Etchmiadzine du secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone.

7 millions de fidèles

L’Eglise arménienne se répartit en deux Eglises principales, l’une dite apostolique – longtemps appelée orthodoxe – et l’autre catholique. L’Eglise apostolique est elle-même divisée en quatre. Les deux catholicossats dirigeant les Arméniens sont à Etchmiadzine (Arménie) – présidé par Karekin II, catholicos suprême de tous les Arméniens – et à Antelias au Liban depuis 1930 – dont Aram Ier est le catholicos. Deux patriarches dirigeant des Eglises locales sont par ailleurs installés à Jérusalem et à Istanbul. Quant à l’Eglise arménienne catholique, située à Beyrouth (Liban), elle est dirigée par le patriarche Nerses Bedros XIX.

L’Eglise arménienne apostolique, séparée de Rome après son refus du Concile de Chalcédoine de 451, compte aujourd’hui 7 millions de fidèles, dont près de 2 millions vivent en Arménie. Depuis une cinquantaine d’années, le dialogue entre l’Eglise arménienne apostolique – indépendante des autres Eglises orthodoxes depuis 506, lorsqu’un synode arménien a rejeté les conclusions du Concile de Chalcédoine de 451 – et Rome, s’est considérablement accéléré. Des observateurs de l’Eglise arménienne d’Etchmiadzine ont participé au Concile Vatican II (1962-1965).

En mars 2006, en recevant les membres du Synode patriarcal arménien libanais, Benoît XVI avait souhaité que l’Eglise arménienne retrouve son unité interne et soit ainsi en «pleine communion avec l’évêque de Rome». (apic/imedia/ami/bb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-le-chef-de-l-eglise-armenienne-apostolique-sera-recu-par-le-pape-le-9-mai/