Violente attaque contre cette institution et les ONG

Sénégal: Crise alimentaire:_le président Wade s’en prend à la FAO

Dakar, 5 mai 2008 (Apic) La FAO et les ONG ont une nouvelle fois été la cible d’un dirigeant africain. L’Organisation de l’Onu pour l’agriculture et l’alimentation (Fao) est «un gouffre d’argent largement dépensé en fonctionnement pour très peu d’opérations efficaces sur le terrain» et pour cette raison elle devrait être supprimée, a déclaré dimanche dans une déclaration radio-télévisée le président du Sénégal, Abdoulaye Wade.

Le dirigeant sénégalais a également pointé du doigt les ONG et demandé aux Africains de «ne pas s’en remettre à des organisations non gouvernementales (ong) aux objectifs fumeux et aux institutions internationales qui ont perdu de vue le motif de leur création».

Selon le chef d’Etat sénégalais, la crise des prix relative à la hausse des bien de première nécessité doit ’être mise sur le compte de la FAO, et les larmes de crocodile versées par celle-ci ne changeront pas la situation».

Wade a ajouté avoir «longtemps réclamé» le transfert en Afrique de cette institution basée à Rome, actuellement dirigée par le Sénégalais Jacques Diouf, dont «rien ne justifie (la) présence aujourd’hui en pays développé» selon le président sénégalais. «Cette fois, je vais plus loin, a-t-il dit, il faudrait la supprimer et transférer son actif utile au Fida (Fonds international de développement agricole, autre institution de l’ONU) qui pourrait devenir un Fonds mondial d’assistance à l’agriculture avec siège obligatoire en Afrique».

ONG dans le collimateur

Au-delà des institutions internationales, «dans les pays en voie de développement sont présentes de nombreuses ONG davantage attirées par les possibilités de gains que par la possibilité d’aider leur prochain – a ajouté le président – et des opérateurs ainsi que des prétendus experts gagnent des salaires vertigineux pour voyager et dormir dans des hôtels cinq étoiles avec l’argent destiné aux aides».

Le président Wade a invité l’opinion publique mondiale à «ne pas se laisser tromper par ces grandes institutions» et à ne pas leur affecter leur argent: «Il faut le faire passer ni par les ONG, ni par la FAO qui prélèverait en toute impunité 20%». D’après lui, l’Afrique a surtout besoin d’»investissements innovants» dans l’agriculture «pour surmonter la crise mais, au-delà, écarter définitivement les affres de la faim».

Le président sénégalais a conclu en demandant à la communauté internationale «de faire une pause et de réfléchir. Et d’interroger: «Comment est-il possible qu’après environ un siècle d’aides et de transferts de ressources énormes vers l’Afrique, on se trouve à ce point aujourd’hui?» (apic/misna/pr)

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