Coire: Le secrétaire général de la RKZ répond aux critiques de Christian Ruch
Zurich, 5 mai 2008 (Apic) Les organisations de droit ecclésiastique ne se considèrent pas comme «une contre-Eglise», respectent les compétences de l’Église et savent donc parfaitement que l’Eglise catholique n’est pas une démocratie. C’est ce qu’écrit Daniel Roux, secrétaire général de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ), en réponse aux observations polémiques de l’historien et sociologue de l’Eglise Christian Ruch, sur la situation dans le Diocèse de Coire.
«Exiger la démocratie de l’Eglise catholique, c’est comme commander un steak saignant dans un restaurant végétarien», estime Christian Ruch. Celui qui exige d’un évêché participation pour toutes les questions pastorales et de ressources humaines, possède une «compréhension réformée de l’Eglise». Ces points de vue et d’autre similaires, l’historien et sociologue de l’Eglise vivant à Coire Christian Ruch les a exprimés dans plusieurs médias, en particulier dans un article paru le 4 mai dans la «Südostschweiz am Sonntag» sous le titre «La scission de l’église est déjà une réalité».
Le cardinal Ratzinger pour les droits démocratiques de participation
Dans une intervention personnelle du lundi 5 mai, qui n’est pas une prise de position de la RKZ, le Secrétaire général RKZ Daniel Roux Ruchs voit les choses autrement. L’Eglise catholique n’est certes pas une démocratie, et les organisations de droit ecclésiastique en sont également conscientes.
Mais en ce qui concerne les droits démocratiques de participation, notamment dans la gestion des finances de l’Eglise, l’actuel Pape Benoît XVI, s’était déjà exprimé alors qu’il était cardinal. De plus, le système en vigueur en Suisse repose sur l’approbation par le souverain, la majorité des membres de l’Eglise catholique et sur l’accord des évêques. L’affirmation de Christian Ruch, selon laquelle c’est une compréhension réformée de l’Eglise qui est à la base du système dual, est manifestement fausse, insiste Daniel Kosch. Les racines de ce système sont bien antérieures à la Réforme. Il ajours que jusque à une époque récente, les évêques suisses avaient expressément adhéré à ce système dual, «même si celui-ci – comme n’importe quel autre système – comporte certaines faiblesses».
Agir ensemble dans des préoccupations communes
Daniel Kosch rappelle enfin que la Conférence des évêques suisses (CES) et la RKZ ont souligné, dans une déclaration commune le 25 Février 2008, que la double structure de droit ecclésiastique et de droit canon des institutions religieuses qui exige leur collaboration dans les préoccupations communes, notamment en matière d’emploi et de licenciement de personnel, a besoin pour son activité d’un mandat épiscopal. Les conflits pour dépassement de compétence chargent inutilement la collaboration et nuisent à la crédibilité de l’Eglise. En conclusion, on peut lire dans l’extrait cité par le secrétaire de la RKZ: «RKZ et CES en appellent donc au maintien du droit en vigueur et au dialogue en cas de difficultés.»
Prendre au sérieux la position des évêques
Il faudrait donc attendre «en particulier des cercles qui sont attachés à la forme hiérarchique de l’Église et à leur propre fidélité à l’Église», qu’ils prennent au sérieux cette position des évêques suisses, affirme Daniel Kosch.
Le droit à la liberté d’opinion et d’expression n’est en aucun cas remis en question par les représentants des institutions de droit ecclésiastique. Mais celles-ci considèrent ce droit comme valable aussi pour elles et attendent un «véritable dialogue qui repose sur l’intérêt commun pour le bien de l’Eglise et renonce aux polémiques et allégations,» écrit le secrétaire de la RKZ.
Christian Ruch: Le mal réside dans le système
Les causes des conflits ne sont pas à chercher uniquement dans l’évêché de Coire, mais dans ce système juridique dual, selon Christian Ruch. Cela ne constitue pas seulement une difficulté chez les catholiques, mais aussi chez les protestants. La même brèche traverses les deux confessions, a-t-il déclaré au journal " Südostschweiz am Sonntag». Dans l’Eglise réformée aussi, les représentants des Eglises cantonales et les groupes évangéliques ont depuis longtemps dévié les uns des autres. Cf. la contribution de Daniel Kosch sous: www.kath.ch/rkz (apic/com/job/js)
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