L’hommage de Rowan Williams au patriarche oecuménique
New York, 7 mai 2008 (Apic) Si le pape Benoît XVI ne figure pas parmi les 100 «plus importantes personnalités» aux yeux du «Times», en revanche, Bartholomée Ier, patriarche oecuménique de Constantinople, a rejoint le Dalaï Lama au rang des personnalités religieuses internationales mentionnées dans la «Time 100». Une liste dite «des cent personnes considérées par le magazine Time comme les plus influentes dans le monde».
Dans un hommage au patriarche, âgé de 68 ans, qui parait dans l’édition du 12 mai de l’hebdomadaire américain, Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry et leader de la Communion anglicane mondiale, a salué l’engagement de Bartholomée Ier dans les questions liées à l’environnement.
«D’une manière fidèle aux traditions de la liturgie et de la réflexion de l’Eglise orthodoxe, il a mis l’accent sur le fait que les questions écologiques sont, au fond, des questions spirituelles», écrit l’archevêque Williams au sujet de Bartholomée Ier, parfois appelé «le patriarche vert» en raison de son soutien public à la cause environnementale.
«Il a insisté sur le fait qu’un monde dans lequel Dieu le créateur utilise les éléments matériels de l’univers pour communiquer ce qu’il est et ce qu’il veut est un monde qui doit être vénéré par les êtres humains», relève l’archevêque de Cantorbéry, cité par l’Agence ENI. Aux yeux du leader anglican, «probablement plus que tout autre responsable religieux, le patriarche Bartholomée Ier a laissé ouvert la dimension spirituelle de l’environnementalisme.»
Bartholomée Ier, basé à Istanbul, n’est pas une personnalité aussi connue en Occident que le Dalaï Lama ou le pape Benoit XVI – ce que souligne l’archevêque Williams en écrivant: «Le patriarche oecuménique de Constantinople possède un titre historique imposant, mais contrairement au pape dans le contexte de l’Eglise catholique, son pouvoir exécutif direct est limité dans le monde de l’orthodoxie. Les patriarches ont du mériter leur autorité sur la scène mondiale et, en effet, au cours des derniers siècles peu de patriarches ont fait plus que simplement maintenir la forme de leur titre historique».
Toutefois, estime l’archevêque Williams, Bartholomée Ier a rompu avec cette tradition, prenant au sérieux «la responsabilité pastorale pour toute la terre habitée» du patriarche oecuménique. «Ce pasteur courageux et visionnaire a donné un sens nouveau à l’ancien titre honorifique», a-t-il ajouté.
Préoccupations environnementales
Les préoccupations environnementales ont également justifié le choix par Time de l’américain Richard Cizik, de l’Association nationale des évangéliques, parmi les principaux «scientifiques et penseurs» mondiaux, avec Eric Chivian, lauréat du prix Nobel. Ce dernier est le directeur du Centre pour la santé et l’environnement mondial de l’Ecole médicale de Harvard et a collaboré avec Richard Cizik sur des préoccupations environnementales communes.
«Ce qui rapproche Eric Chivian et Richard Cizik, c’est une passion commune pour l’environnement, bien qu’ils aient une approche très différente de cette passion. Eric Chivian est un scientifique très instruit qui raconte les histoires comme un professeur avec le ton du médecin généraliste qu’il a été», a écrit Leith Anderson, président de l’Association nationale des évangéliques, dont le siège est à Washington.
«Richard Cizik cite la Bible, évoquant prudemment ’le respect de la création’ au lieu du changement ou du réchauffement climatiques, et milite en faveur d’une politique pour la vie qui va bien au-delà de la conception humaine, à travers le respect de la création divine elle-même», a ajouté Leith Anderson.
L’auteur à succès Deepak Chopra a écrit l’hommage au Dalaï Lama paru dans Time, faisant l’éloge de «la lutte non violente gandhienne» menée par le leader bouddhiste. (apic/eni/pr)
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