Quito soupçonne des exécutions sommaires le 1er mars

Equateur: Rebondissement dans l’affaire de l’incursion colombienne en terre équatorienne

Quito, 11 mai 2008 (Apic) Rebondissement dans l’affaire de l’assassinat du No 2 des Farc, tué dans une opération conjointe de l’armée colombienne et des Etats-Unis en territoire de l’Equateur. Quito soupçonne que l’Equatorien tué lors de l’attaque aurait en fait été victime d’une exécution sommaire, et achevés par des objets contondants.

Le ressortissant équatorien Franklin Aisalla, tué lors de l’attaque colombienne lancée le 1er mars contre un campement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) en Équateur, «est mort de coups infligés par un objet contondant sur la tête» alors qu’il était probablement encore en vie et «non pas de coups d’armes à feu ni d’éclats des bombes». Il s’agit là des résultats des enquêtes préalables de l’autopsie – effectuée par les experts du Département de Criminalistique et du Département de Médecine Légale de la police équatorienne avec la collaboration de deux pathologistes légaux français – divulgués sur le site de la présidence de la République de l’Équateur.

Lors de la présentation du rapport dans une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur, Gustavo Larrea, a envisagé «quatre exécutions sommaires au moins», dont celle de Franklin Aisalla, survenue pendant ou après l’attaque colombienne dans la zone septentrionale d’Angostura ayant fait 25 victimes, dont le numéro deux des Farc, Raul Reyes, et donné lieu à une grave crise diplomatique entre Quito et Bogotá.

Les enquêtes menées sur trois des 19 corps retrouvés par l’armée équatorienne prouveraient elles aussi qu’»on ne peut exclure l’hypothèse que des exécutions arbitraires se soient vérifiées sur des personnes blessées voire indemnes», a ajouté Gustavo Larrea. Ce dernier exige de la Colombie «des renseignements absolument détaillés sur la manière dont s’est déroulée l’incursion», durant laquelle, si l’on s’en réfère encore aux enquêtes effectuées par Quito pour prouver l’intervention de l’armée américaine, des bombes de haute technologie Gbu Paveway II de 500 livres auraient été utilisées, tout comme celles qui furent lancées par les Américains lors de la première guerre du Golfe en 1991.

Suite à l’attaque colombienne, le président Rafael Correa avait notamment dénoncé le fait que les services secrets équatoriens aient été «infiltrés» par la Cia (Central intelligence agency, Bureau de renseignements nord-américains), entraînant les démissions en chaîne des plus hauts dirigeants militaires nationaux. (apic/misna/pr)

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