Croisade incessante du prélat contre les jeux d’argent
Manille, 26 mai 2008 (Apic) Mgr Oscar Cruz, archevêque catholique de Lingaven-Dagupan, subit les pressions de l’agence gouvernementale des jeux d’argent pour avoir, ouvertement et à de nombreuses reprises, dénoncé « l’industrie des jeux d’argent, en particulier des jeux gérés par l’Etat. »
Le 23 mai, soit dix jours après d’un mandat d’arrêt ait été lancé contre lui, Mgr Cruz a déclaré qu’on le harcelait pour le faire taire: Il a accusé la PAGGOR (l’agence gouvernementale des jeux d’argent) d’être à l’origine de ce harcèlement.
Vingt-trois femmes employées de la PAGCOR ont en effet porté plainte contre Mgr Cruz, pour avoir écrit dans un article publié en 2004 que « ces employées n’avaient été embauchées que pour faire de pitoyables hôtesses d’accueil » lors d’une fête organisée en l’honneur de l’anniversaire de José Miguel Arroyo, le mari de la présidente de la République des Philippines. « C’est vraiment dommage que la PAGCOR manipule ses employées pour me harceler, tout simplement parce que j’ai eu des propos critiques envers la présidente Arroyo », a ajouté Mgr Cruz qui fut aussi président de la Conférence épiscopale des Philippines.
Le procureur de Manille avait pourtant rejeté la plainte déposée contre Mgr Cruz en 2004, mais le ministère de la Justice a rouvert le dossier et ordonné aux plaignants de redéposer plainte. Le 13 mai dernier, le juge Antonio Rosales, du tribunal régional de première instance de Manille (Manila Regional Trial Court, MRTC), a émis un mandat d’arrêt contre l’archevêque de Lingaven-Dagupan. Pour rester en liberté, ce dernier a dû verser une caution de 10’000 pesos (près de 150 euros). Le jugement sera rendu le 17 juin prochain et Mgr Cruz, défendu par un des meilleurs avocats du pays, reste confiant quant au verdict qui sera prononcé.
Malgré ce procès en diffamation, Mgr Cruz a affirmé qu’il continuerait à mener sa « croisade incessante » contre l’industrie des jeux d’argent et contre l’implication et la promotion faite par le gouvernement. Ces loteries sont en effet un moyen utilisé par l’Etat pour augmenter ses revenus, mais, selon l’archevêque, les petites mises journalières de nombreux Philippins sur ces loteries ne font que maintenir les pauvres dans leur misère, ces derniers gaspillant en paris le peu d’argent qu’ils possèdent pour subvenir aux besoins élémentaires de leur famille. (apic/eda/js)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse