«Assez de vaines promesses !»
Rome/Berne, 2 juin 2008. A la veille de la conférence de la FAO sur la sécurité alimentaire qui débute le 3 juin à Rome, des organisations paysannes et non-gouvernementales du monde entier, parmi lesquelles SWISSAID et FIAN, ont appelé à l’instauration d’un état d’urgence pour lutter contre la faim. Assez de vaines promesses ! Les personnes qui ont faim ne peuvent pas attendre, relèvent-elles dans un communiqué publié lundi.
Elles demandent à la FAO et à ses Etats membres d’initier immédiatement un changement radical des politiques agricoles et commerciales en vigueur et de faire de la reconnaissance du droit à l’alimentation une priorité absolue.
«Les gouvernements et les organisations internationales doivent mettre un terme immédiatement à toutes les mesures qui conduisent à la violation du droit à l’alimentation et à l’extension de la faim », estime Tina Goethe, représentante de SWISSAID à la conférence de la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, à Rome. Les émeutes de la faim de ces derniers mois ont clairement montré que les personnes qui ont faim ne peuvent pas attendre. Une solution politique et des directives claires pour agir sur le long terme : c’est exactement ce qu’attend le monde de la Conférence sur l’alimentation qui s’ouvre le 3 juin à Rome. »
Sous le slogan «No More Failures as Usual», quelque 800 organisations représentant la société civile du monde entier ont exigé un changement radical des orientations de la politique agricole mondiale. La petite paysannerie doit être soutenue dans ses efforts pour alimenter les marchés locaux et régionaux, seule garantie d’un approvisionnement sûr et régulier des populations en denrées alimentaires, contrairement à une production tournée vers l’exportation. «Certains gouvernements et la Banque mondiale veulent tirer profit de la crise alimentaire pour libéraliser davantage le commerce mondial et faciliter encore les exportations bon marché vers les pays du Sud», dénonce Flavio Valente de FIAN Inter-national.
Agriculture transgénique: mauvaise solution
La proposition des Etats-Unis de résoudre la crise alimentaire grâce une agriculture transgénique est également une mauvaise solution, estiment enfin les ONG. «Les OGM dans l’agriculture renforcent la dépendance des paysans à l’égard des multinationales agroalimentaires; c’est ce qu’ont démontré les expériences de ces dix dernières années », explique en conclusion Tina Goethe.
Le projet de déclaration finale du sommet de la FAO qui se tient à Rome du 3 au 5 juin appelle à un «dialogue orienté vers des résultats» sur les conséquences du boom des agrocarburants sur la sécurité alimentaire. «Il serait honteux que la communauté internationale se contente de vagues appels au dialogue. Il faut mettre un terme aux mesures incitatives des Etats pour produire et importer des agrocarburants, qui compromettent le droit à l’alimentation», estime Eneias da Rosa, de FIAN Brésil. (apic/com/pr)
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