Technoscience : fantasme d’absolu
Carouge, 3 juin 2008 (Apic) La revue jésuite « Choisir » se penche, dans plusieurs de ses articles, sur des questions autour de la croyance au progrès et à la perfectibilité quasi illimitée de l’homme. L’évocation de Jacques Loew, fondateur de la Mission Saints-Pierre-et-Paul et de le l’Ecole de la Foi ainsi qu’une interview du nouveau Père Général des jésuites, Adolfo Nicolàs complètent cette édition.
« A quelles finalités est orientée la révolution technologique et numérique ? La vision du monde moderne promeut la croyance au progrès et à la perfectibilité de l’homme, et aujourd’hui la technoscience donne l’illusion de créer et maîtriser la vie ! Elle ne répond pourtant pas au désir de transcendance qui travaille le coeur de l’homme. » Cet avis de l’éditorialiste Luc Ruedin s.j. est développé dans les articles proposés dans ce numéro.
De l’animal à l’homme
Ce n’est que dans cet appel à l’illimité, dans cette capacité au « d’avantage » que se trouverait la spécificité humaine. En effet, les observations récentes du monde animal tendent à montrer que la frontière entre l’homme et l’animal est poreuse. L’exclusivité du champ du possible de l’homme se rétrécit, tant sur la plan technique que social, comme le met en lumière Eric Charmetant s.j., auteur d’une thèse sur les éthiques évolutionnistes contemporaines.
La robotique
Autre manifestation du fantasme d’absolu, le développement de la robotique. Son explosion camoufle un rêve datant de l’époque des Lumières : la réalisation de la perfection sur la terre. Comme le relève l’anthropologue Daniela Cerqui, qui travaille en cybernétique, la question du « pour quoi » de ces recherches est rarement débattue.
La nouvelle Trinité
La science moderne nourrit, à son corps défendant, les soifs messianiques de l’homme. Jan Marejko, philosophe, voit une similitude entre technoscience et eucharistie, au niveau de ce que tout être humain espère : un changement substantiel. Il met en garde contre cette imposture.
Jacques Loew, un guide pour le XXIe s
Jacques Loew (1908-1999), fondateur de la Mission Saints-Pierre-et-Paul et de l’Ecole de la Foi (Fribourg), était lui-même fortement interpellé par les progrès scientifiques qui bouleverseront son cheminement spirituel. Georges Convert, ancien prêtre-ouvrier, montre l’importance de la pensée de ce chercheur de sens. La spiritualité de Loew a été marquée par son engagement pour une plus grande justice sociale et pour la survie de notre terre.
Créativité dans la tradition
« Choisir » propose aussi dans cette édition une interview du nouveau Père Général des jésuites, Adolfo Nicolàs. Tirant un bilan des expériences passées récentes, il réaffirme la particularité de son ordre : l’alliance entre tradition et créativité. La Compagnie de Jésus n’est pas une ONG : au coeur de sa mission pour la justice, la paix et le dialogue interreligieux, il y a une recherche spirituelle constante. (apic/com/js)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse