Pour un emploi correct des nouvelles biotechnologies
Rome, 5 juin 2008 (Apic) Dans une «note informative» publiée à l’occasion du sommet international promu à Rome par l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Vatican invite la communauté internationale à agir sur «les causes profondes» de la crise alimentaire actuelle. La «note informative» communiquée le 4 juin 2008 par le Conseil pontifical Justice et Paix entend proposer «certaines considérations concernant la réflexion autour de la situation agricole et alimentaire mondiale actuelle».
Le document du Conseil pontifical Justice et Paix évoque «la crise alimentaire très grave qui a eu lieu ces mois-ci dans de nombreux pays avec des rechutes tragiques» et qui «risque de réduire à néant les efforts accomplis jusqu’ici par la communauté internationale». La note, qui relève «la croissance vertigineuse» du prix des biens de première nécessité, regrette ensuite que «les premières victimes» de cette crise alimentaire soient «les enfants».
La «réponse immédiate de la communauté internationale à la crise alimentaire» a jusqu’alors été une aide «d’urgence», note le Conseil pontifical Justice et Paix. Celui-ci met alors en garde : «En n’agissant pas sur les causes profondes de la crise alimentaire, ces aides peuvent endommager à moyen et à long terme les marchés locaux et affaiblir ultérieurement l’autonomie des pays bénéficiaires». «Il faut donc faire face à ce problème dès que possible dans une perspective à long terme en éliminant les causes structurelles de la rigidité de l’offre mondiale de produits alimentaires».
Promotion du développement agricole
«Le boom des prix des biens alimentaires pourrait aussi se transformer en une opportunité de croissance pour les pays les plus pauvres du monde», soutient alors le document. Il faudrait pour cela que «la communauté internationale et les gouvernements nationaux s’engagent efficacement dans la promotion du développement agricole des pays les plus pauvres, la promotion de leur capacité à pourvoir au soutien primaire de la population sans dépendre excessivement de l’apport extérieur et la promotion d’une plus grande productivité agricole».
Le Conseil pontifical Justice et Paix invite aussi à «considérer les nouvelles frontières ouvertes par un emploi correct des biotechnologies». Il critique ainsi «les politiques publiques des plus grands producteurs de biocarburants (les Etats-Unis, le Brésil mais aussi l’Union européenne)» qui «sont en train de détourner les terrains de la culture de biens primaires vers celle de combustibles d’origine végétale par le biais d’encouragements et de subsides».
Enfin, le document juge «inacceptables» les thèses selon lesquelles «l’augmentation démographique de la planète est la cause inévitable de l’urgence alimentaire» et qui voient «la solution dans la diminution des naissances dans les pays pauvres». (apic/imedia/ami/js)
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