«L’Eglise est une richesse pour l’Etat»
Rome, 6 juin 2008 (Apic) Quelques heures avant d’être reçu en audience par Benoît XVI, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a accordé une interview à L’Osservatore Romano et à Radio Vatican, affirmant entre autres que «l’Eglise représente une richesse pour l’Etat».
Le chef du gouvernement italien, nommé après sa victoire aux législatives de mi-avril 2008, sera reçu en audience au Vatican par le pape dans la matinée du 6 juin.
«En raison de son expérience millénaire, de son contact avec toutes les couches sociales, en commençant par les plus faibles, l’Eglise représente une richesse pour l’Etat», a ainsi indiqué le président du Conseil italien. A ses yeux, «tout en voulant être et demeurer laïque, l’Etat doit échapper au risque de devenir idéologique, de devenir sectaire et, à la fin, de devenir même totalitaire».
«Le dialogue» entre l’Eglise catholique et l’Etat italien «est possible concernant tous les sujets», a affirmé Silvio Berlusconi alors que l’ingérence du Saint-Siège et de l’Eglise italienne a été maintes fois au centre de polémiques dans la péninsule. «Notre Constitution (…) est très claire», a-t-il expliqué, «il ne peut y avoir d’entraves à la manifestation d’opinions et de principes de la part de quiconque, et l’Eglise et ses organisations ont entièrement le droit d’exprimer leur avis». En conséquence de quoi, a-t-il précisé, «l’Etat – l’Etat laïque – exprimera ensuite son avis et pourra se servir et suivre ces évaluations dans son action politique».
Revenant sur la laïcité de l’Etat, le nouveau président du Conseil italien a estimé qu’elle «n’exclut pas cependant que toutes les forces en présence dans la société aient le droit de s’exprimer en fonction de leurs propres convictions, politiques mais aussi religieuses ou culturelles, ou à caractère économique et social». «Je pense que ce serait une perte significative de liberté, pour l’Etat, d’exclure ou d’étouffer la manifestation de ces convictions, a encore expliqué Silvio Berlusconi, de n’importe quelle conviction».
Dans le long entretien accordé aux médias du Vatican, Silvio Berlusconi a aussi évoqué la question de l’immigration et de la sécurité en Italie, de «l’urgence éducative» souvent rappelée par Benoît XVI, ainsi que les moyens de soutenir les familles de la péninsule.
Vainqueur des élections législatives des 13 et 14 avril 2008, Silvio Berlusconi a été nommé à la tête du gouvernement italien le 7 mai dernier, pour la troisième fois depuis 1994. Le 19 novembre 2005, Benoît XVI avait déjà reçu Silvio Berlusconi qui effectuait alors son deuxième mandat de président du Conseil. (apic/imedia/ami/pr)
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