Afrique du Sud: Les catholiques interpellés sur l’utilisation de la main d’oeuvre étrangère
Johannesburg, 9 juin 2008 (Apic) L’archevêque de Johannesburg, en Afrique du Sud, a exhorté les catholiques à cesser de payer un salaire de misère aux travailleurs immigrés qui, vu leurs conditions, sont obligés d’accepter un tel traitement. Le prélat a fait cette déclaration durant la messe célébrée le 31 mai 2008 à la cathédrale de Johannesburg pour exprimer la solidarité de son Eglise avec les étrangers, plus particulièrement avec les ressortissants zimbabwéens.
Cette célébration intervient quelques jours après l’éclatement des violences contre les étrangers en Afrique du Sud. Exploiter les travailleurs immigrés constitue une autre forme de xénophobie, pense Mgr Tlhagale. Leur donner un salaire indécent, c’est faire violence à ces personnes, a précisé le prélat sud-africain.
Selon l’archevêque de Johannesburg et président de la Conférence des évêques catholiques de l’Afrique australe (Sacbc), Mgr Buti Joseph Tlhagale, la pauvreté, le chômage et le problème de logement chez les populations autochtones constituent les causes profondes à ces attaques xénophobes. Le prélat sud-africain a souligné que ces problèmes ne peuvent en aucun cas justifier les comportements violents de ses compatriotes. Selon lui, les étrangers ont apporté dans ce pays leur savoir-faire et leur culture. Il est faux d’affirmer qu’ils n’apportent rien dans leur pays d’accueil, a lancé Mgr Buti Tlhagale qui appartient à la congrégation des missionnaires oblats de Marie.
«La présence des centaines des Sud-Africains à cette célébration signifie le rejet par la majorité des citoyens de ce pays de la violence contre les étrangers», a déclaré le père jésuite Peter Knox.
Messages pour trouver une solution durable
Durant cette Eucharistie qui a été précédée par une marche de solidarité en faveurs des étrangers, un message de l’archevêque anglican émérite de Cape Town a été lu. S’attaquer aux étrangers, «constitue une trahison à notre lutte pour la justice, c’est une insulte à nos héros et héroïnes et c’est un acte d’ingratitude parce que nous avons oublié combien nous avions été accueillis comme réfugiés dans beaucoup de pays africains quand nous étions opposés à l’apartheid», écrit Mgr Desmond Tutu.
Dans un autre message adressé à Mgr Buti Joseph Tlhagale, lu également à cette occasion, le cardinal Renato Raffaele Martino et l’archevêque Agostino Marcheto, respectivement président et secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants se sont dits confiants qu’avec l’intervention fraternelle de l’Eglise et de toutes les personnes de bonne volonté, une solution durable serait trouvée.
Depuis quelques jours, on assiste à une solidarité grandissante dans le pays. Grâce à la campagne lancée par un journal de Johannesburg, «The Star», on a pu recueillir plus de 200’000 dollars américains pour venir en aide aux réfugiés.
Le gouvernement, de son côté, a pris des mesures d’urgence en faveur des étrangers réfugiés et victimes. Des sites ont été choisis pour leur installation provisoire. Pretoria veut que les immigrés soient réintégrés dans leurs communautés d’avant les événements. Les deux provinces, Gauteng et Western Cape, les plus touchées par ces violences xénophobes ont été déclarées «zones en état de calamités» et des fonds leurs sont alloués. (apic/dia/js)
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