Fribourg: L’Assemblée de la Corporation ecclésiastique a réfléchi aux sorties d’Eglise
Fribourg, 9 juin 2008 (Apic) Les sorties d’Eglise sont pour le vicaire épiscopal, Marc Donzé un problème douloureux et délicat, qui n’a pas de bonnes solutions. «Il faut chercher humblement des chemins qui permettent à la fois de respecter la justice et le devoir de solidarité et la miséricorde.» Suite à l’arrêt du Tribunal fédéral en matière des sorties d’Eglise, les délégués de la Corporation ecclésiastique catholique cantonale (CEC) ont débattu de ses conséquences pour le canton de Fribourg. Ils ont siégé, le 7 juin, à la salle paroissiale du Christ-Roi à Fribourg.
Toute personne domiciliée dans le canton et appartenant selon le droit canonique à l’Eglise catholique romaine est membre de la paroisse de son domicile et de la Corporation ecclésiastique cantonale. (art. 4 Statut ecclésiastique catholique). Cependant l’arrêt du Tribunal fédéral du 16 novembre 2007, qui selon Béat Renz est applicable à note canton, pourrait modifier cette appartenance. En effet, d’après la nouvelle jurisprudence, il est possible de sortir partiellement de l’Eglise, c’est-à-dire de sortir des Corporations ecclésiastiques (paroisse et Corporation cantonale) sans sortir de l’Eglise catholique romaine.
Marc Donzé, vicaire épiscopal pour la partie francophone du canton, a différencié les sorties des Corporations ecclésiastiques et celles de l’Eglise catholique romaine. «Lorsqu’il y a une sortie d’Eglise déclaré explicitement comme hérésie, apostasie, schisme, le cas est généralement clair et il n’y a en toute logique plus aucune demande pastorale.» Par contre lorsqu’il s’agit d’une sortie partielle de l’Eglise, c’est-à-dire une sortie des Corporations ecclésiastiques mais que la sortie de l’Eglise ecclésiale n’est pas déclarée de manière explicite, il note qu’un entretien doit être offert par le curé et par le Conseil de paroisse. Cet entretien a un double enjeu: évaluer les motifs et les intentions de la sortie de l’Eglise et rendre attentif la personne à son devoir de solidarité ecclésiale, explicité dans le droit canonique (art. 222).
Faire partie d’une Corporation ecclésiastique et payer des impôts ecclésiastiques est la manière choisie par le peuple fribourgeois pour donner à l’Eglise les moyens financiers de réaliser sa mission au service du Christ, rappelle Marc Donzé.
Une cohérence pastorale
Le vicaire épiscopal explique que la situation la plus fréquente et la plus difficile est lorsqu’il y a une déclaration de sortie d’Eglise sans spécification, ni motivation. «Celles-ci sont des sorties des Corporations ecclésiastiques mais dans quelle mesure sont-elles aussi une sortie d’Eglise ecclésiale? Là aussi, il est primordial que le curé propose un entretien sérieux.» «Si une personne sortie de l’Eglise fait une demande pastorale, le curé est tenu d’avoir un entretien avec cette personne sur le sens et la cohérence pastorale de sa demande dans la vérité et la miséricorde évangélique. Sans monnayer les sacrements, il faut rendre attentif la personne que sa requête occasionne des frais. L’Eglise n’est pas une migros, qui vend des biens spirituels, souligne le vicaire épiscopal. L’Eglise joue un rôle social spirituel et ce rôle doit être soutenu de manière solidaire par ses membres. Pour ces cas, je pense qu’il est urgent d’établir une caisse de solidarité.»
Une caisse de solidarité
Marc Donzé souligne que tant au niveau de la Corporation ecclésiastique que de l’autorité diocésaine il faut rapidement proposer un dispositif pratique qui permette de traiter les questions posées par les sorties d’Eglise. Il propose de créer une commission composée de délégués de l’autorité diocésaine et de la Corporation ecclésiastique. Cette commission devra premièrement revoir en fonction de l’arrêt du Tribunal fédéral, le document diocésain «Lignes directrices concernant la sortie de l’Eglise catholique romaine dans le canton de Fribourg». Deuxièmement, elle devra définir les modalités des différentes sorties d’Eglise et des entretiens qui y sont inhérents. Troisièmement elle sera chargée de créer une caisse de solidarité. Elle devra également établir des règles et des indications sur les paiements des frais en cas de demande pastorale. Enfin la commission mettra sur pied un «centre de ressources» auquel les paroisses et les curés pourront s’adresser.
Un manque de charité
Malgré ces propositions de nombreuses questions demeurent. Que se passe-t-il si la personne qui veut sortir de l’Eglise refuse l’entretien offert par le prêtre et le Conseil de paroisse ? Si les demandes liées aux sacrements sont relativement claires, il existe d’autres demandes qui sont plus floues. Par exemple le cas d’un enfant dont les parents sont sortis de l’Eglise et qui participe au cours de catéchèse.
Invité à participer à l’Assemblée, Mgr Bernard Genoud, évêque diocésain, a précisé que refuser de payer ses impôts ecclésiastiques était un manquement grave à la charité envers l’Eglise. «Je vous supplie de ne pas tarifer les sacrements, mais il est juste d’exiger une contribution significative aux personnes sorties des Corporations ecclésiastiques. On ne peut pas utiliser gratuitement des locaux que d’autres entretiennent par leurs impôts, ni demander à des gens de travailler sans être payer», précise l’évêque.
Des laïcs éveilleurs
Mgr Genoud a également exprimé devant l’assemblée les grands défis actuels du diocèse, notamment des unités pastorales. Conscient du fait qu’il ne peut plus avoir de prêtres dans toutes les paroisses, l’évêque souhaite que les laïcs deviennent des veilleurs, des éveilleurs dans leur paroisse. Une réunion de paroisse ayant été récemment approuvée par le Conseil presbytéral, il a encouragé les paroisses à suivre cet exemple. L’évêque diocésain a aussi évoqué les problèmes de pédophilie qui secouent le diocèse. Sur la hotline, qu’il a mise en place l’évêque a reçu 22 téléphones. Il a pris contact et rencontré 18 personnes (les quatre autre message étaient des numéro faux ou inatteignable). Il souligne que plusieurs cas étaient ancien ou ne relevaient pas du diocèse, mais que les personnes avaient besoin d’exprimer leurs souffrances à un ecclésiastique. «Aucun cas pour pédophilie n’est actuellement en cours d’enquête», assure l’évêque.
Les membres de l’Assemblée ont approuvé un mandat complémentaire à la Commission chargée d’étudier les domaines ou dispositions du Statut ecclésiastique qui pourraient faire l’objet de modifications dans le cadre d’une révision partielle. (apic/vb/js)
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