Pas d’influence sur les jeunes

Allemagne: L’élection d’un pape allemand n’a pas provoqué de changements

Heidelberg, 10 juin 2008 (Apic) L’élection d’un pape allemand il y a trois ans n’a pas fait de «miracles» pour le christianisme dans son pays d’origine et n’a pas suscité un regain d’intérêt pour l’Eglise, selon le chef de l’Eglise catholique romaine en Allemagne, cité par l’Agence ENI.

«L’Allemagne est une société profondément pluraliste, et ce pluralisme est ancré dans l’histoire», a déclaré dans une interview à l’agence de presse catholique polonaise KAI l’archevêque Robert Zollitsch, président de la Conférence épiscopale allemande.

«Les sondages indiquent que la plupart des Allemands se considèrent comme religieux, ce qui signifie que les gens cherchent des valeurs plus élevées et qu’ils ne les ont pas trouvées dans ce que le monde leur propose. Je vois là de nouvelles chances qui s’ouvrent à l’Eglise», a déclaré Mgr Zollitsch, qui a été nommé docteur honoris causa de l’Université cardinal Stefan Wyszynski à Varsovie le 28 mai.

Mgr Zollitsch, 69 ans, s’exprimait après la publication de statistiques indiquant que l’élection du cardinal d’origine allemande Joseph Ratzinger en tant que pape Benoît XVI en avril 2005 n’avait jusqu’à présent pas permis de ramener les jeunes dans le giron de l’Eglise. Selon lui, de nombreux Allemands sont heureux que le pape se soit montré «ouvert avec un visage humain», lorsqu’il est venu en 2005 pour la Journée mondiale de la jeunesse à Cologne et lors de la visite qu’il a faite dans sa Bavière d’origine en septembre 2006.

«Cependant, lorsqu’un Allemand est devenu pape, il nous a fallu du temps pour nous y habituer au niveau interne», a déclaré Mgr Zollitsch, devenu président de la Conférence épiscopale en février. «Nous avons par la suite commencé à nous réjouir de son élection et nous l’avons acceptée comme un don. Mais il faut remarquer que le fait qu’un de nos compatriotes soit assis sur le trône de Pierre n’as pas produit de miracles dans notre Eglise, ni dans notre société.»

Les catholiques constituent environ 34 % des 82 millions d’habitants de l’Allemagne. Une proportion équivalente est constituée de fidèles de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD). L’Eglise catholique est toutefois confrontée à une baisse de la fréquentation et des vocations.

En août 2007, des responsables de l’Eglise avaient affirmé que le nombre de catholiques quittant l’Eglise en cessant de payer l’impôt ecclésiastique avait chuté. Cependant, en avril, un sondage réalisé par l’agence Sinu-Sociovision, basée à Heidelberg, a indiqué que l’Eglise catholique n’avait que des «contacts sporadiques» avec les personnalités considérées comme de futurs leaders sociaux et culturels.

Le sondage, effectué auprès de 5’500 jeunes allemands, indique que la plupart des jeunes allemands s’intéressent à la spiritualité mais qu’ils n’ont pas connu un regain d’intérêt pour l’Eglise comparable au renouveau qu’a connu la Pologne voisine suite à l’élection, en 1978, du pape Jean Paul II. (apic/eni/pr)

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