Réaction de Kiko Argüello, co-fondateur du mouvement
Rome, 15 juin 2008 (Apic) Les statuts définitifs du Chemin néocatéchuménal ont été approuvés par le Vatican le 13 juin 2008. Les statuts de ce mouvement ecclésial, né en Espagne en 1964 et parfois accusé de «dérives sectaires», avaient été reconnus «ad experimentum» par le Vatican courant 2002.
Kiko Argüello a jugé que l’approbation des statuts de son mouvement par Rome, et en particulier de la pastorale liturgique du mouvement, était «une bombe». Le co-fondateur du Chemin néocatéchuménal est intervenu devant la presse dans la soirée du 13 juin 2008 après l’approbation et la publication, le jour même, des statuts définitifs du mouvement. Celui-ci est aujourd’hui reconnu comme «un catéchuménat post-baptismal (…) sous la juridiction et la direction de l’évêque diocésain».
«Le pape nous a tout concédé»
«Le pape nous a tout concédé», a affirmé Francisco Argüello, dit ’Kiko’, lors de la première conférence organisée selon lui par son mouvement en plus de 40 ans d’existence. «Benoît XVI a fait pour nous une chose surprenante», a expliqué le laïc espagnol, «il a approuvé la pastorale liturgique du Chemin, c’est une bombe».
«Des premiers bidonvilles jusqu’à aujourd’hui, il s’en est passé des choses», a aussi confié le fondateur avant de rappeler les «nombreux procès» faits par le Saint-Siège à l’intention du mouvement. «Nous avons tant souffert», a encore reconnu «Kiko», affirmant qu’il y avait eu encore récemment des pressions à l’intérieur du Vatican pour que les statuts ne soient pas approuvés de manière définitive.
Né dans les bidonvilles en banlieue de Madrid en 1964, le Chemin néocatéchuménal avait été reconnu officiellement par le Saint-Siège le 29 juin 2002, mais ses statuts avaient été approuvés «ad experimentum», conformément à la pratique. Au cours de cette période, plusieurs dicastères de la curie romaine avaient demandé au Chemin néocatéchuménal de revoir certaines de ses pratiques.
Pas toujours en odeur de sainteté
Ainsi, des rappels liturgiques sur la célébration de la messe au sein du mouvement avaient entre autres été effectués fin 2005 par le cardinal Francis Arinze, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Les statuts définitifs indiquent que les membres du Chemin néocatéchuménal doivent célébrer leur messe dominicale «après les vêpres du dimanche», c’est-à-dire le samedi soir, et «selon les dispositions de l’évêque». Ces messes font partie de la pastorale paroissiale et sont donc ouvertes à tous les fidèles, précise le document définitif alors que le mouvement était parfois suspecté de dérives sectaires.
Les statuts du «Camino» précisent encore que la communion devra être reçue «debout», contrairement aux habitudes du mouvement. Il est cependant mentionné que les fidèles resteront à leur place. Le mouvement s’opposait en fait à demander à ses membres de faire une procession au moment de la communion. Il a été accordé aux fidèles du Chemin néocatéchuménal de prononcer des brèves monitions avant les lectures ou l’homélie du prêtre, d’utiliser du pain azyme (sans levain) pour la communion, de communier sous les deux espèces (corps et sang du Christ, pain et vin), ou encore de déplacer le geste de paix au cours de la messe.
Au fil des années, la Congrégation pour la doctrine de la foi et son ancien préfet, le cardinal Ratzinger, s’étaient penchés pour leur part sur le directoire catéchétique du mouvement, travaillant en particulier sur le contenu théologique et doctrinal des catéchèses de Kiko Argüello. Celui-ci a confié que ce contenu théologique serait approuvé et bientôt publié. Quant à la Congrégation pour l’éducation catholique et celle pour le clergé, elles se sont plus particulièrement occupées des séminaires et des prêtres du mouvement, ainsi que de la pastorale catéchétique.
Le Chemin néocatéchuménal présent dans plus de 900 diocèses
Formellement approuvés le 11 mai dernier par le Conseil pontifical pour les laïcs et remis officiellement aux fondateurs du mouvement – Francisco Argüello et Carmen Hernández – les statuts définitifs du Chemin néocatéchuménal en font «un catéchuménat post-baptismal (…) sous la juridiction et la direction de l’évêque diocésain».
Le Chemin néocatéchuménal est désormais présent dans plus de 900 diocèses à travers le monde, avec plus de 40’000 communautés, plusieurs milliers de paroisses, ainsi que 70 séminaires missionnaires. Il est composé pour 70 % de personnes à l’origine éloignées de l’Eglise ou non baptisées. (apic/imedia/ami/be)
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