Egypte: Appel des coptes au président Moubarak après l’attaque d’un monastère
Le Caire, 16 juin 2008 (Apic) L’Eglise copte d’Egypte a lancé un appel urgent au président Hosni Moubarak après la récente attaque du monastère de Deir Abou Fena, un village situé à 210 km au sud du Caire. Ils lui demandent d’assurer la sécurité de la minorité chrétienne d’Egypte. Si un calme apparent est revenu dans cette localité de Haute-Egypte après la libération de trois moines enlevés et maltraités par des musulmans, les tensions sont encore perceptibles.
Le 31 mai, une soixantaine de musulmans excités ont attaqué des moines qui érigeaient un mur d’enceinte autour de l’antique monastère de Deir Abou Fena, près de la ville de Mallawi, où des coptes ont manifesté dans la rue en chantant des slogans: «Avec notre sang, avec notre âme, nous défendrons la croix».
Les assaillants qui s’en sont pris aux moines ont prétendu que ce mur était construit illégalement sur le domaine public, alors que le monastère disposait d’une autorisation en bonne et due forme.
Deir Abou Fena est situé dans la province de Minya, qui compte une forte minorité chrétienne et qui possède plusieurs monastères particulièrement sacrés pour la communauté. En octobre dernier, des troubles interconfessionnels avaient déjà fait une vingtaine de blessés.
A Mallawi, quatre coptes, dont deux ouvriers et deux moines, ont été blessés par balles, tandis que trois moines ont été séquestrés durant une nuit. Un assaillant musulman a été tué durant l’attaque, vraisemblablement par un entrepreneur copte qui a été arrêté, ainsi que son frère. Dans un communiqué en six points publié par la presse égyptienne dimanche 15 juin, l’évêque Bischoï, secrétaire du Conseil ecclésiastique copte, exige l’arrestation des agresseurs, et la libération des coptes emprisonnés.
Curé du lieu, le Père Boulos affirme que les trois moines enlevés ont été attachés, battus, torturés et humiliés. L’un des moines, frappé avec la crosse d’un fusil, a eu la jambe brisée. Une partie des assaillants ont commencé à détruire le mur d’enceinte tandis que d’autres sont entrés dans une chapelle et ont détruit des objets religieux.
Ces développements dans le monastère de Deir Abou Fana se sont déroulés à la suite d’une vague d’attaques contre des bijoutiers chrétiens au Caire et à Alexandrie. Ces événements ont poussé un membre copte du parlement égyptien à déclarer que la police ne protège pas la communauté copte de façon adéquate. La police a estimé qu’il ne s’agissait pas de conflits interconfessionnel, mais de simples actes criminels.
Les chrétiens coptes d’Egypte forment entre le 6 et le 10% des quelque 80 millions d’Egyptiens, essentiellement de confession musulmane sunnite. Les coptes se plaignent régulièrement de subir des discriminations systématiques de la part de la majorité. Notons que l’état de santé du pape Chénouda III d’Alexandrie, patriarche de l’Eglise copte orthodoxe, est stable. Le prélat, qui se trouve à l’étranger, commencera des séances de kinésithérapie dans quelques jours. Victime d’une fracture du fémur, il a été opéré jeudi aux Etats-Unis par le célèbre orthopédiste égyptien Wael Barssoume, rapporte l’agence de presse égyptienne MENA. (apic/com/be)
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